Parmi les faveurs accordées par Allah au prophète Sulayman ﷺ, le Coran mentionne un pouvoir extraordinaire : celui de comprendre et de commander les oiseaux, rassemblés en armée disciplinée à ses côtés.
Parmi les prophètes cités dans le Coran, Sulayman (Salomon) occupe une place particulière : Allah lui accorda un règne immense, une sagesse profonde, et surtout la faculté de comprendre le langage des animaux. Cette faveur unique est mentionnée dans la sourate An-Naml, « Les Fourmis », qui tire justement son nom d'un épisode impliquant ces petites créatures.
Une armée pas comme les autres
Le Coran décrit comment Sulayman rassemblait ses armées, composées non seulement de djinns et d'hommes, mais aussi d'oiseaux, tous organisés avec ordre et discipline. Cette organisation est évoquée dans la sourate An-Naml, verset 17, qui précise que ses troupes étaient réparties en rangs.
Parmi les oiseaux placés sous son autorité, la huppe fasciée (al-hudhud) occupe une place centrale dans le récit coranique. Un jour, Sulayman passa en revue ses oiseaux et remarqua l'absence de la huppe. Il exprima alors son étonnement et sa fermeté, comme le rapporte la sourate An-Naml :
﴿ وَتَفَقَّدَ الطَّيْرَ فَقَالَ مَا لِيَ لَا أَرَى الْهُدْهُدَ أَمْ كَانَ مِنَ الْغَائِبِينَ ﴾
« Et il passa en revue les oiseaux et dit : Pourquoi ne vois-je pas la huppe ? Ou est-elle parmi les absents ? »
(Sourate An-Naml, verset 20)
Le retour de la huppe et son message
La huppe finit par revenir, porteuse d'une nouvelle importante : elle avait découvert un royaume gouverné par une reine, dont le peuple adorait le soleil au lieu d'Allah. Ce royaume était celui de Saba. Sulayman, plutôt que de punir l'oiseau pour son absence, écouta attentivement son rapport, ce qui montre la place réelle accordée à la parole de cette créature dans le récit coranique.
Cet épisode illustre la manière dont Allah avait doté Sulayman d'une compréhension particulière du monde animal, lui permettant d'échanger avec les oiseaux comme il l'aurait fait avec des messagers humains. Il est rapporté, selon les exégètes du Coran, que cette faculté faisait partie des signes extraordinaires accordés à ce prophète, aux côtés de sa maîtrise du vent et des djinns.
Le récit ne s'arrête pas à un simple pouvoir de commandement : il montre aussi une relation fondée sur l'écoute et le respect mutuel. Sulayman ne considérait pas les oiseaux comme de simples instruments à son service, mais comme des créatures capables d'observer, de rapporter et de contribuer à ses décisions. La huppe, dans cet épisode, joue un rôle actif et essentiel dans le déroulement des événements qui mèneront à la rencontre entre Sulayman et la reine de Saba.
Une leçon de bienveillance
Cette histoire, connue et aimée depuis des générations, rappelle que le monde animal n'est jamais présenté dans le Coran comme insignifiant. Bien au contraire, les oiseaux y apparaissent comme des créatures dotées d'organisation, de mémoire et parfois même de discernement, dignes de considération de la part d'un prophète aussi puissant que Sulayman.
En méditant sur ce récit, on peut retenir combien il est important de porter attention aux animaux qui nous entourent, de respecter leur place dans l'équilibre du monde et de ne jamais les considérer comme négligeables. Comme Sulayman prêta une oreille attentive à la huppe, nous sommes invités, à notre humble mesure, à observer avec douceur et bienveillance toutes les créatures que Allah a placées sur cette terre.