Une huppe fasciée perchée près d'un palais aux motifs géométriques islamiques, illustrant le récit coranique de Sulayman.
Récit Récits des prophètes

L’intelligence de la huppe dans le récit de Sulayman

Dans le royaume du prophète Sulayman, une petite huppe absente de son poste allait bouleverser une armée entière par la finesse de son observation et la sincérité de son rapport.

3 min de lecture · Publié il y a 20 heures · 5 vues

Le prophète Sulayman (Salomon), fils de Dawud, avait reçu de Dieu un pouvoir extraordinaire : il comprenait le langage des oiseaux et commandait à des armées composées d'hommes, de djinns et d'oiseaux. Un jour, alors qu'il passait en revue ses troupes ailées, il remarqua l'absence d'un petit oiseau à la huppe caractéristique : la huppe fasciée, appelée en arabe « al-hudhud ».

L'absence remarquée

Sulayman, connaissant chacun de ses soldats, s'interrogea aussitôt sur cette absence et menaça de sanctionner sévèrement l'oiseau s'il ne présentait pas une excuse valable. C'est ce que rapporte la sourate An-Naml (Les Fourmis), qui tire justement son nom d'un autre épisode de ce même récit.

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﴿ وَتَفَقَّدَ الطَّيْرَ فَقَالَ مَا لِيَ لَا أَرَى الْهُدْهُدَ أَمْ كَانَ مِنَ الْغَائِبِينَ ﴾

« Il passa en revue les oiseaux et dit : "Pourquoi ne vois-je pas la huppe ? Est-elle parmi les absents ?" »

(Sourate An-Naml, verset 20)

﴿ لَأُعَذِّبَنَّهُ عَذَابًا شَدِيدًا أَوْ لَأَاذْبَحَنَّهُ أَوْ لَيَأْتِيَنِّي بِسُلْطَانٍ مُبِينٍ ﴾

« Je le châtierai sévèrement, ou je l'égorgerai, à moins qu'il ne m'apporte un argument évident. »

(Sourate An-Naml, verset 21)

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Le rapport de la huppe

Peu après, la huppe revint et se présenta devant Sulayman avec une nouvelle d'une importance capitale, obtenue grâce à son observation attentive lors de son vol. Elle avait découvert un royaume gouverné par une reine, régnant sur le peuple de Saba, un peuple qui adorait le soleil plutôt que le Dieu unique.

﴿ إِنِّي وَجَدْتُ امْرَأَةً تَمْلِكُهُمْ وَأُوتِيَتْ مِنْ كُلِّ شَيْءٍ وَلَهَا عَرْشٌ عَظِيمٌ ﴾

« J'ai trouvé qu'une femme les gouverne ; elle a reçu de tout, et elle possède un trône immense. »

(Sourate An-Naml, verset 23)

Ce rapport, précis et détaillé, permit à Sulayman de vérifier l'information et d'entamer un échange avec la reine de Saba, épisode qui occupe une grande partie de cette sourate. La huppe ne fut donc pas punie : son absence était justifiée par une mission utile, accomplie de sa propre initiative, avec discernement et loyauté envers son roi.

Une leçon tirée d'un petit oiseau

Les commentateurs du Coran soulignent souvent, à propos de ce passage, l'intelligence et la perspicacité attribuées à cet oiseau : capable d'observer, de comprendre l'importance de ce qu'il voyait, et de le rapporter avec clarté. Il est rapporté que ce récit illustre aussi comment Dieu accorde des capacités particulières à Ses créatures, chacune selon une sagesse qui Lui appartient, et que même les plus petits êtres peuvent jouer un rôle dans de grands événements.

Ce passage du Coran nous enseigne à porter un regard attentif sur le monde animal qui nous entoure. Si une petite huppe a pu, par la volonté de Dieu, transmettre une information décisive à un prophète, cela nous rappelle la valeur et la dignité de chaque créature, si modeste soit-elle en apparence. Prendre soin des oiseaux, observer leur comportement avec respect et préserver leurs habitats naturels s'inscrivent ainsi dans une tradition qui honore la place des animaux dans la création.

Sources

Récit relu par l'équipe éditoriale Animalia.

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