Le poulpe possède trois cœurs parce que son sang transporte mal l'oxygène : deux cœurs « branchiaux » poussent le sang vers les branchies pour le recharger, et un cœur principal l'envoie ensuite vers les organes. Cette division du travail compense les limites de son sang bleu.
Un sang bleu qui impose cette organisation
Le sang du poulpe ne contient pas d'hémoglobine mais de l'hémocyanine, une protéine à base de cuivre qui lui donne sa couleur bleue. L'hémocyanine fixe moins bien l'oxygène que l'hémoglobine des vertébrés, surtout quand l'eau se réchauffe. Pour alimenter un corps aussi actif — et un cerveau très développé —, une seule pompe ne suffit pas : les deux cœurs branchiaux maintiennent la pression à travers les branchies, où le sang se recharge en oxygène, avant que le cœur systémique ne le distribue au reste du corps.
Détail révélateur : le cœur principal s'arrête lorsque le poulpe nage par propulsion. C'est l'une des raisons pour lesquelles il préfère marcher sur le fond — la nage l'épuise littéralement.
Une adaptation aux eaux froides et pauvres en oxygène
L'hémocyanine garde son efficacité dans les eaux froides et peu oxygénées, là où l'hémoglobine perdrait l'avantage. C'est ce compromis qui a permis aux céphalopodes de coloniser des milieux très variés, des récifs côtiers aux fonds plus profonds.
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