Mygale de Leblond — Comment une araignée sait-elle qu'une proie est prise dans sa toile
Insectes & petites créatures Forêt tropicale Amériques

Comment une araignée sait-elle qu'une proie est prise dans sa toile ?

14 vues · il y a 1 semaine

La Mygale de Leblond ne détecte pas ses proies grâce à une toile géométrique, mais grâce aux vibrations du sol et de sa soie, captées par des organes lyriformes situés sur ses pattes : de minuscules fentes sensorielles qui mesurent les micro-déformations de la cuticule et permettent de distinguer un pas d'insecte du souffle du vent.

Des capteurs de tension plutôt que des oreilles

Contrairement aux araignées tisserandes qui tendent une toile aérienne en spirale, Theraphosa blondi tapisse l'entrée et l'intérieur de son terrier de fils de soie. Ce tapis sert de prolongement sensoriel : chaque vibration transmise au sol ou à la soie déforme légèrement l'exosquelette au niveau des pattes, où se trouvent les organes lyriformes, de petits groupes de fentes parallèles couvertes d'une membrane. Quand une patte fléchit sous une vibration, ces fentes se compriment et excitent des neurones sensoriels reliés directement au système nerveux.

L'araignée peut ainsi analyser plusieurs paramètres du signal : sa fréquence, son amplitude et sa durée. Les pas d'un insecte ou d'un petit vertébré produisent des trains de vibrations réguliers et répétés, alors que le vent ou la chute d'une feuille génère des signaux plus irréguliers, souvent uniques et de faible fréquence. En quelques dizaines de millisecondes, la mygale peut ainsi juger si le signal correspond à une proie potentielle avant même de la voir, sa vue restant par ailleurs assez limitée.

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Une fois la vibration jugée « intéressante », l'animal s'oriente vers la source en comparant l'intensité perçue par les différentes pattes, une forme de triangulation mécanique, puis se rue hors du terrier pour capturer la proie par surprise.

Une chasse à l'affût, pas une toile-piège

Cette dépendance aux vibrations tactiles, plutôt qu'à un piège collant, explique le mode de vie de la mygale : elle reste tapie près de son terrier tapissé de soie et bondit sur les proies détectées par le sol, à la différence des araignées orbitèles qui exploitent une toile suspendue pour intercepter des insectes volants.

Publié le · Mis à jour le

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Références

Animal Diversity Web — University of Michigan

Muséum national d'Histoire naturelle

Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet

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