Pas exactement. Une poule ne devient pas un coq en vieillissant, et elle ne change jamais de sexe génétique. Mais dans de rares cas, une poule peut développer une crête de coq, un plumage de coq et même se mettre à chanter — à la suite d'un dérèglement de ses gonades et de son équilibre hormonal.
Ce qui se passe réellement dans le corps de la poule
Particularité des oiseaux : chez la poule, seul l'ovaire gauche fonctionne. Le tissu gonadique droit existe, mais reste rudimentaire, en sommeil. Tant que l'ovaire gauche produit des œstrogènes, tout suit son cours : ponte, plumage de poule, silence au lever du jour.
Si cet ovaire gauche cesse de fonctionner — un kyste, une tumeur, une infection —, la production d'œstrogènes s'effondre. Libéré de ce frein hormonal, le tissu droit peut alors se développer en une structure intermédiaire appelée ovotestis, qui tient à la fois de l'ovaire et du testicule et peut produire des hormones à activité masculine.
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Pourquoi elle se met à ressembler à un coq
Chez la poule, c'est l'œstrogène qui entretient l'apparence féminine. Quand il disparaît et que l'activité androgénique augmente, les caractères masculins s'expriment : la crête et les barbillons grossissent, le plumage prend l'allure de celui du coq à la mue suivante, des ergots peuvent se développer — et la poule adopte parfois un comportement de coq, jusqu'au chant.
Est-elle vraiment devenue un coq ?
Non. Chez les oiseaux, le sexe est inscrit dans les chromosomes — ZW pour la femelle, ZZ pour le mâle — et il ne change pas. Les travaux menés sur le poulet, notamment à l'institut Roslin d'Édimbourg, indiquent même que les cellules de l'animal conservent une identité sexuelle propre, indépendante des hormones. Une poule masculinisée reste donc génétiquement une femelle, qui a pris l'apparence et les manières d'un coq.
Peut-elle être fertile ?
Dans l'immense majorité des cas, non : elle cesse de pondre, sans devenir pour autant un reproducteur mâle. La littérature scientifique rapporte de très rares cas de production de spermatozoïdes chez des poules porteuses d'un ovotestis — des observations restées célèbres précisément parce qu'elles sont exceptionnelles, et qui ne décrivent pas le fonctionnement habituel du phénomène.
Pourquoi ce phénomène est-il rare ?
Parce qu'il faut un concours de circonstances précis : la perte de fonction de l'unique ovaire actif, puis le développement du tissu gonadique droit. La plupart des atteintes ovariennes rendent simplement la poule malade sans déclencher cette cascade. Une poule qui « devient coq » mérite d'ailleurs une visite chez le vétérinaire : ce changement d'apparence est souvent le signe visible d'un problème interne.
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