Comment les dauphins utilisent-ils l'écholocation ?
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Le grand dauphin émet des trains de clics ultrasoniques par les lèvres phoniques situées sous l'évent, focalise ce faisceau sonore grâce au melon (organe graisseux du front) puis analyse l'écho reçu par la mâchoire inférieure, riche en tissus adipeux conducteurs, pour construire une image acoustique tridimensionnelle de son environnement.
Un sonar biologique de haute précision
Les clics sont produits par le passage d'air à travers les sacs nasaux, sans intervention des cordes vocales classiques des mammifères terrestres. Le melon, composé de lipides à densité variable, agit comme une lentille acoustique : il concentre les ondes en un faisceau directionnel projeté vers l'avant. L'écho qui rebondit sur un objet ou une proie revient jusqu'à la mandibule inférieure, dont l'os fin et le canal graisseux interne transmettent les vibrations directement à l'oreille moyenne, contournant le conduit auditif externe devenu quasi inutile chez les cétacés.
Cette organisation permet au dauphin de distinguer la forme, la taille, la texture et même la densité interne d'un objet : les tissus mous, l'air et les structures osseuses ne réfléchissent pas le son de la même façon. Le grand dauphin peut ainsi repérer un poisson à moitié enfoui dans le sable ou détecter la présence d'organes internes chez une proie, une capacité documentée par plusieurs études comportementales en milieu contrôlé. La fréquence des clics, souvent supérieure à 100 kHz, s'ajuste selon la distance de la cible : plus l'objet est proche, plus la cadence s'accélère, formant le « buzz terminal » caractéristique de la capture.
Une perception qui traverse la matière
Contrairement à la vision, l'écholocation permet une forme de perception interne des corps : un dauphin peut potentiellement percevoir une masse d'air (comme des poumons) ou une variation de densité chez un congénère ou une proie, sans contact ni lumière. Cette capacité reste étudiée activement, notamment quant à sa résolution exacte. En Méditerranée tunisienne, où l'espèce fréquente le golfe de Gabès et les canaux côtiers, ce sonar est essentiel pour chasser en eaux turbides où la visibilité est réduite.
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