La vipère à cornes détecte ses proies principalement grâce à sa langue bifide, qui capture les molécules odorantes de l'air et du sable, et grâce aux vibrations du sol perçues directement par sa mâchoire posée sur le substrat, l'absence d'oreille externe rendant l'audition aérienne quasi inutile.
Une langue qui « goûte » l'air du désert
En permanence agitée à l'extérieur de la bouche, la langue fourchue balaie l'environnement et ramène des particules chimiques vers l'organe voméronasal, aussi appelé organe de Jacobson, situé au palais. Les deux pointes de la langue, écartées, permettent une forme de « stéréo-olfaction » : en comparant la concentration de molécules captée à droite et à gauche, le serpent peut s'orienter vers la source odorante la plus proche, qu'il s'agisse d'un rongeur, d'un lézard ou d'une piste laissée quelques heures plus tôt sur le sable.
Chez Cerastes cerastes, ce sens chimique est particulièrement précieux dans le sud tunisien, où la végétation clairsemée limite les repères visuels et où la chasse se pratique souvent à l'affût, à demi enfouie sous le sable, ne laissant dépasser que les yeux et les fameuses « cornes » supra-oculaires.
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Dépourvue d'oreille externe et de tympan visible, la vipère perçoit les vibrations du sol par la mâchoire inférieure, en contact direct avec le substrat : les ondes mécaniques produites par les déplacements d'une proie remontent jusqu'à l'oreille interne via les os de la mâchoire et du crâne. Cette perception, très sensible aux vibrations de basse fréquence, permet de détecter l'approche d'un animal avant tout contact visuel ou olfactif, un atout décisif pour une espèce qui chasse surtout de nuit.
Pas de fossettes thermosensibles chez cette espèce
Contrairement aux crotales ou à certains boïdés, Cerastes cerastes ne possède pas de fossettes thermosensibles faciales capables de détecter le rayonnement infrarouge des proies à sang chaud. Sa stratégie de chasse repose donc sur la combinaison langue-organe de Jacobson et détection vibratoire, complétée par une vision adaptée à la pénombre, plutôt que sur une imagerie thermique, contrairement à une idée reçue souvent associée aux vipères en général.
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