Blessures traumatiques liées aux filets de pêche (captures accidentelles)
L'ornithorynque est un animal semi-aquatique qui doit remonter régulièrement à la surface pour respirer. Quand il se retrouve piégé dans un filet de pêche, une nasse ou un filet abandonné, il ne peut plus rejoindre l'air libre. Cette situat...
De quoi s'agit-il ?
L'ornithorynque est un animal semi-aquatique qui doit remonter régulièrement à la surface pour respirer.
Quand il se retrouve piégé dans un filet de pêche, une nasse ou un filet abandonné, il ne peut plus rejoindre l'air libre.
Cette situation provoque soit une noyade rapide, soit des blessures graves quand l'animal se débat pour se libérer.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Un ornithorynque pris dans un filet peut présenter des plaies profondes autour du cou, des membres ou de la queue, à l'endroit où les mailles ont serré la peau.
On observe parfois un gonflement important autour de ces zones de striction, une boiterie si un membre a été comprimé longtemps, ou une respiration difficile si l'animal a été proche de la noyade.
L'animal secouru est souvent abattu, immobile, et refuse de bouger ou cherche à se cacher.
Dans les cas les plus graves, les muqueuses (bouche, gencives) peuvent apparaître pâles, signe de choc ou de perte de sang.
Certaines plaies, non traitées, ne cicatrisent pas correctement et s'infectent.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La cause directe est mécanique : l'animal reste coincé dans les mailles d'un filet immergé, ce qui l'empêche de remonter respirer.
Les filets en cause sont le plus souvent des filets maillants de pêche, des nasses à écrevisses (yabby traps) mal conçues, ou des filets et lignes abandonnés dans les cours d'eau et lacs (« filets fantômes »).
L'ornithorynque, curieux et actif la nuit, explore les nasses appâtées ou se retrouve piégé en nageant dans une zone de pêche.
Les zones de rivières et de lacs proches de zones de pêche récréative ou commerciale sont les plus concernées.
Les nasses à écrevisses non munies de trous d'évacuation pour l'air, ou laissées immergées trop longtemps sans surveillance, augmentent fortement le risque.
Les filets abandonnés ou perdus dans l'eau restent dangereux pendant longtemps.
Les jeunes ornithorynques et les animaux actifs la nuit (période où ils cherchent leur nourriture) sont particulièrement exposés.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Un vétérinaire ou un centre de soins pour la faune sauvage évalue l'état général de l'animal : recherche de plaies, de fractures, signes de noyade partielle (détresse respiratoire), et état de choc.
Un examen clinique complet est nécessaire, complété si besoin par des radiographies pour vérifier l'absence de fracture, et des prélèvements sanguins pour évaluer l'état général et rechercher une infection.
Traitement
La prise en charge comprend le nettoyage et le parage des plaies, une antibiothérapie pour prévenir ou traiter une infection, des anti-inflammatoires et antidouleurs, ainsi que des soins de soutien (réchauffement, fluides) en cas de choc.
Une chirurgie peut être nécessaire pour réparer les tissus profondément lésés.
La libération dans la nature n'est envisagée qu'après guérison complète et confirmation par un vétérinaire spécialisé en faune sauvage que l'animal peut de nouveau nager et chasser normalement.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La prévention repose surtout sur des mesures de gestion de la pêche : interdiction ou encadrement strict des nasses à écrecrevisses dans les zones où vit l'ornithorynque, obligation de trous d'évacuation d'air sur les nasses, retrait rapide des filets et engins de pêche après usage, et signalement des filets perdus.
Les pêcheurs et riverains peuvent contribuer en vérifiant régulièrement leurs engins et en évitant de les laisser immergés sans surveillance la nuit.
Le nettoyage régulier des cours d'eau pour retirer les filets abandonnés limite aussi les accidents.
Complications possibles
Les plaies de striction peuvent s'infecter profondément et léser des structures importantes comme les vaisseaux sanguins, les nerfs ou les tendons.
Une compression prolongée d'un membre peut entraîner sa perte de fonction, voire nécessiter une amputation.
La noyade partielle peut provoquer une pneumonie d'inhalation.
Sans intervention, la mort par noyade ou par choc est fréquente.
Quand consulter un vétérinaire
Un ornithorynque trouvé pris dans un filet ou une nasse, vivant ou apparemment inanimé
Présence de plaies profondes, de gonflement ou de sang au niveau du cou, des membres ou de la queue
Animal trouvé léthargique, incapable de nager normalement ou de se déplacer
Respiration difficile ou bruyante après avoir été libéré d'un filet
Tout animal sauvage blessé doit être confié rapidement à un centre de soins habilité, sans tentative de manipulation prolongée par le public
Pronostic
Le pronostic dépend fortement de la rapidité de la découverte et de la prise en charge.
Un animal libéré rapidement, sans blessure grave ni noyade prolongée, a de bonnes chances de survie après quelques soins.
En revanche, un temps d'immersion prolongé ou des plaies profondes et infectées assombrissent nettement le pronostic.
La capture en filet reste une cause importante de mortalité accidentelle chez cette espèce dans son aire de répartition.
Questions fréquentes
Pourquoi l'ornithorynque meurt-il si vite dans un filet ?
C'est un animal qui respire l'air comme nous. S'il ne peut pas remonter à la surface car il est coincé, il se noie en quelques minutes seulement.
Que faire si je trouve un ornithorynque pris dans un filet ?
Il faut le libérer délicatement de l'eau si possible sans se blesser, puis contacter immédiatement un centre de soins pour la faune sauvage ou un vétérinaire, même si l'animal semble bouger normalement.
Les nasses à écrevisses sont-elles vraiment dangereuses pour cette espèce ?
Oui, c'est une des causes majeures de mortalité accidentelle documentées en Australie, en particulier les nasses sans système d'évacuation d'air laissées immergées la nuit.
Un ornithorynque secouru peut-il être relâché rapidement ?
Non, il doit d'abord être examiné et soigné par un professionnel, puis observé jusqu'à ce qu'il retrouve toutes ses capacités à nager et chasser avant tout retour dans la nature.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet · Mis à jour 18 août 2026
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