Maladie bactérienne Mouton, Chèvre Transmissible à l'homme

Ehrlichiose ovine (fièvre des tiques)

L'ehrlichiose ovine, plus souvent appelée fièvre des tiques, est due à une bactérie qui s'installe non pas dans les globules rouges mais dans les globules blancs, c'est-à-dire dans les cellules chargées de défendre l'animal. La maladie elle...

De quoi s'agit-il ?

L'ehrlichiose ovine, plus souvent appelée fièvre des tiques, est due à une bactérie qui s'installe non pas dans les globules rouges mais dans les globules blancs, c'est-à-dire dans les cellules chargées de défendre l'animal.

La maladie elle-même est rarement mortelle. Son vrai danger est ailleurs : en désarmant les défenses pendant plusieurs semaines, elle ouvre la porte à d'autres infections. Beaucoup de problèmes attribués à autre chose commencent par elle.

C'est ce qui explique un enchaînement bien connu dans les troupeaux exposés aux tiques : d'abord une fièvre passagère, puis, dans les semaines qui suivent, des agneaux boiteux avec des abcès, des pneumonies, des animaux qui ne répondent pas comme d'habitude aux traitements.

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Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Fièvre élevée et brutale, qui dure plusieurs jours avec parfois des rechutes en vagues. C'est souvent le seul signe visible.

Abattement, animal qui reste couché, cesse de ruminer et mange moins.

Respiration rapide pendant les pics de fièvre.

Chute brutale de la production laitière chez les femelles en lactation, parfois plus visible que la fièvre elle-même.

À l'échelle du lot, une baisse générale de la prise alimentaire et des animaux qui pâturent moins, sans qu'un seul animal paraisse vraiment malade.

Avortement chez les brebis gestantes, notamment lorsque la fièvre survient en fin de gestation.

Chez les béliers, gonflement des bourses et infertilité temporaire pendant plusieurs semaines : un bélier atteint pendant la période de lutte peut faire manquer toute une saison de reproduction.

Agneaux qui décrochent, ne grandissent plus, et surtout qui tombent malades d'autre chose dans les semaines qui suivent.

Chez beaucoup d'animaux, l'infection passe inaperçue : seule la conséquence, quelques semaines plus tard, alerte l'éleveur.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La bactérie est inoculée par la piqûre de la tique. Elle gagne le sang et pénètre dans une catégorie de globules blancs, qu'elle détourne à son profit.

Ces globules blancs étant les premiers défenseurs de l'organisme, leur nombre chute et ceux qui restent fonctionnent mal. L'animal se retrouve sans défense pendant plusieurs semaines, même après la disparition de la fièvre.

C'est cette fenêtre de vulnérabilité qui explique la plupart des dégâts : la maladie ouvre la voie, une autre bactérie finit le travail.

Un animal guéri reste porteur pendant une longue période et sert de réservoir pour les tiques.

Les animaux introduits dans une zone à tiques alors qu'ils n'y ont jamais été exposés font les épisodes les plus marqués ; les animaux du pays s'immunisent souvent jeunes.

Pâturage en zone humide et boisée, sous-bois, bordures de forêt, prairies fraîches et broussailles : ce sont les milieux où vit la tique responsable.

Printemps et automne, périodes de pic d'activité des tiques.

Animaux naïfs mis pour la première fois sur un parcours infesté : agneaux à leur première saison, animaux achetés ailleurs, troupeaux déplacés en transhumance.

Agnelage ou lutte pendant la saison des tiques : les conséquences sur la reproduction sont alors maximales.

Absence de programme de lutte contre les tiques dans un secteur pourtant à risque.

Association avec d'autres maladies transmises par la même tique : plusieurs agents peuvent être inoculés par une seule piqûre.

Mauvaise alimentation et parasitisme interne, qui aggravent tout.

Transmission

Par la piqûre de tique, exclusivement dans les conditions de l'élevage. Il n'y a pas de contagion directe entre animaux.

La tique en cause a besoin d'humidité et d'une végétation qui garde la fraîcheur : bois, sous-bois, fougères, bordures de forêt, prairies humides. Le risque suit donc la géographie autant que la saison.

Les cas se concentrent au printemps, avec une seconde vague en automne.

Les ovins, les caprins et les bovins peuvent héberger la bactérie, ainsi que la faune sauvage : le cycle se maintient dans un secteur même sans troupeau.

La bactérie peut infecter l'homme, mais par la piqûre de la même tique et non par contact avec un mouton malade.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

1

Le vétérinaire prend la température de plusieurs animaux du lot, et pas seulement de celui qui a alerté : dans cette maladie, la fièvre est souvent le seul signe et elle passe vite.

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Il s'appuie sur le contexte : mise à l'herbe récente sur un parcours à tiques, saison, région humide, présence de tiques sur les animaux.

3

Un frottis de sang examiné au microscope peut montrer la bactérie à l'intérieur des globules blancs pendant la phase fébrile. Passé ce stade, l'examen devient négatif.

4

Une prise de sang met en évidence la chute des globules blancs, très évocatrice.

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Des analyses de laboratoire spécialisées confirment le diagnostic et permettent de savoir si d'autres agents transmis par les mêmes tiques sont présents.

6

Devant des avortements, le vétérinaire écarte systématiquement les autres causes, nombreuses chez la brebis et dont certaines sont dangereuses pour l'homme : cette démarche ne doit jamais être abrégée.

7

Lorsque des agneaux présentent des abcès et des boiteries quelques semaines après une mise à l'herbe, le vétérinaire remonte volontiers jusqu'à cette maladie : les deux problèmes sont liés.

Traitement

Une famille d'antibiotiques particulière, active sur les bactéries qui vivent à l'intérieur des cellules, permet de faire tomber la fièvre rapidement. Les antibiotiques utilisés habituellement pour les infections courantes du troupeau n'agissent pas ici.

Le choix du produit, de la voie et de la durée revient au vétérinaire ; aucune dose ni aucun rythme ne doit être décidé seul.

Le traitement fait disparaître les signes mais ne restaure pas instantanément les défenses : l'animal reste fragile plusieurs semaines. C'est pendant cette période qu'il faut lui éviter les autres agressions, transport, surpeuplement, poussière en bergerie, changement brutal d'alimentation.

Un anti-inflammatoire peut être prescrit par le vétérinaire lorsque la fièvre est très élevée et l'animal très abattu.

Les animaux atteints ont surtout besoin de repos, d'ombre, d'eau propre et d'une alimentation appétente.

Surveiller les agneaux du lot dans les semaines suivantes est une part entière du traitement : c'est là qu'apparaissent les abcès, les boiteries et les pneumonies qui feront les vraies pertes.

Les délais d'attente viande et lait doivent être demandés au vétérinaire et respectés.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La lutte contre les tiques reste le seul levier réellement efficace, et elle protège en même temps contre les autres agents inoculés par la même piqûre. Le choix de la famille de produit, de la forme et du calendrier revient au vétérinaire selon la région et la saison.

Éviter, quand c'est possible, de mettre des animaux naïfs sur les parcours les plus infestés au moment du pic d'activité des tiques, en particulier les agneaux à leur première saison.

Décaler l'agnelage et la lutte par rapport au pic de tiques lorsque la conduite du troupeau le permet : c'est ce qui limite les avortements et les pertes de fertilité chez les béliers.

Débroussailler et entretenir les abords des bergeries, des couloirs de contention et des chemins où les animaux stationnent.

Inspecter les animaux à la main pendant la saison et retirer les tiques sans les écraser, avec des gants.

Surveiller particulièrement les agneaux dans les semaines qui suivent une mise à l'herbe sur un parcours à tiques : c'est le moment où les complications apparaissent.

Maintenir une bonne alimentation et maîtriser les parasites internes, pour que les animaux traversent mieux la période de fragilité.

Complications possibles

Pyémie à tiques de l'agneau : des abcès s'installent dans les articulations, les muscles ou la colonne à la faveur de la baisse des défenses. C'est la complication la plus classique et la plus coûteuse chez les jeunes.

Pneumonies et infections respiratoires qui se déclarent dans les semaines suivantes.

Aggravation d'autres maladies transmises par les tiques, inoculées par la même piqûre.

Avortements et agneaux faibles à la naissance.

Infertilité temporaire des béliers, avec une saison de reproduction manquée si l'épisode tombe pendant la lutte.

Chute de production laitière qui ne se rattrape pas dans la lactation en cours.

Retard de croissance des agneaux, rarement rattrapé.

Animaux qui répondent mal aux traitements habituels tant que leurs défenses ne sont pas revenues.

Quand consulter un vétérinaire

Plusieurs animaux ont de la fièvre dans les semaines qui suivent une mise à l'herbe sur un parcours à tiques.

La production laitière du troupeau chute brutalement sans autre explication.

Des brebis avortent : c'est toujours un motif d'appel au vétérinaire, plusieurs causes d'avortement chez la brebis étant dangereuses pour les personnes.

Un bélier a les bourses gonflées ou refuse de saillir pendant la période de lutte.

Des agneaux deviennent boiteux, présentent des gonflements ou n'arrivent plus à se lever quelques semaines après la sortie au pâturage.

Un lot mange nettement moins et pâture moins longtemps sans cause apparente.

Les traitements habituels du troupeau semblent moins efficaces qu'à l'ordinaire.

Transmission à l'humain

La bactérie responsable peut infecter l'homme, mais la contamination se fait par la piqûre d'une tique, jamais par le contact avec un mouton malade, sa viande ou son lait.

Les personnes exposées sont celles qui fréquentent les mêmes milieux que les animaux : bergers, forestiers, promeneurs en zone humide et boisée.

Chez l'homme, l'infection se traduit le plus souvent par une fièvre, des maux de tête et des courbatures dans les jours ou les semaines qui suivent une piqûre de tique. Un avis médical est nécessaire, en signalant la piqûre : il existe un traitement.

Les précautions sont simples et protègent contre l'ensemble des maladies transmises par les tiques, dont certaines sont graves : porter des vêtements couvrants et des gants lors des travaux au milieu du troupeau, s'inspecter le corps après une journée dans la végétation, retirer les tiques rapidement sans les écraser ni les percer, et ne jamais les broyer entre les doigts.

Pronostic

L'épisode fébrile lui-même guérit presque toujours, spontanément ou avec un traitement, en quelques jours.

Le pronostic dépend en réalité de ce qui suit : c'est la période de fragilité des semaines suivantes qui fait les pertes, surtout chez les agneaux.

Les conséquences sur la reproduction, avortements et infertilité passagère des béliers, peuvent coûter une saison entière alors même qu'aucun animal n'est mort.

À l'échelle du troupeau, les élevages qui maîtrisent les tiques et qui décalent agnelage et lutte par rapport au pic de tiques s'en sortent nettement mieux, année après année.

Questions fréquentes

Mes brebis ont eu de la fièvre puis tout est rentré dans l'ordre : faut-il quand même s'en occuper ?

Oui. La fièvre n'est que la première partie de l'histoire. Pendant plusieurs semaines ensuite, les animaux se défendent mal et attrapent facilement autre chose. C'est le moment de surveiller de près les agneaux et d'éviter transports, surpeuplement et changements brutaux d'alimentation.

Mon bélier a les bourses gonflées après la saison des tiques, va-t-il redevenir fertile ?

C'est possible : l'infertilité liée à cette maladie est en général temporaire et dure plusieurs semaines. Le problème est qu'elle tombe souvent en pleine période de lutte. Faites examiner le bélier par le vétérinaire, d'autres causes de gonflement des bourses existent et ne sont pas bénignes.

Puis-je attraper cette maladie en soignant mes moutons ?

Pas par le contact avec les animaux, ni par leur viande ou leur lait. En revanche, la tique qui les pique peut vous piquer aussi. Portez des gants et des vêtements couvrants, inspectez-vous après une journée dans la végétation et retirez rapidement toute tique fixée, sans l'écraser.

Cette maladie existe-t-elle partout en Tunisie ?

Non. La tique responsable a besoin d'humidité et de végétation dense : le risque se concentre dans les zones humides et boisées du Nord, pas dans les régions sèches. En zone aride, d'autres maladies transmises par d'autres tiques sont beaucoup plus probables. Le vétérinaire de votre secteur sait ce qui circule chez vous.

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EN BREF

AgentBactérie
EspèceMouton, Chèvre
VaccinNon
Transmissible à l'humainOui

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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