Hypodermose du renne (varron)
L'hypodermose du renne, aussi appelée maladie du varron, est une infestation parasitaire de la peau causée par les larves d'une mouche appelée Hypoderma tarandi. Cette mouche pond ses œufs sur le pelage du renne durant l'été. Les larves qu...
De quoi s'agit-il ?
L'hypodermose du renne, aussi appelée maladie du varron, est une infestation parasitaire de la peau causée par les larves d'une mouche appelée Hypoderma tarandi.
Cette mouche pond ses œufs sur le pelage du renne durant l'été. Les larves qui en sortent migrent ensuite à travers le corps de l'animal avant de s'installer sous la peau du dos, où elles forment des nodules caractéristiques.
C'est une maladie très fréquente chez les rennes et caribous des régions arctiques et subarctiques. Elle ne concerne pas les rennes élevés en dehors de ces zones géographiques puisque la mouche responsable y est absente.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Durant l'été, les rennes attaqués par les mouches adultes manifestent une agitation intense : ils courent, secouent la tête et cherchent à fuir, ce qui peut perturber leur alimentation et leur repos.
Plusieurs mois plus tard, en hiver et au printemps, des nodules durs et sensibles apparaissent sous la peau du dos. Chaque nodule contient une larve et possède un petit orifice de respiration visible à sa surface.
La peau autour des nodules peut être irritée, croûteuse ou se percer, laissant parfois suinter un peu de liquide. Le pelage à cet endroit peut être abîmé ou clairsemé.
En cas d'infestation importante, l'animal peut perdre du poids et paraître affaibli, car l'énergie est mobilisée pour lutter contre le parasite plutôt que pour la croissance ou la reproduction.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La maladie est due aux larves de la mouche Hypoderma tarandi. La femelle adulte pond ses œufs sur les poils du renne en été. Les larves écloses pénètrent la peau puis migrent à l'intérieur du corps pendant plusieurs mois avant de se fixer sous la peau du dos, où elles grandissent, respirent par un petit trou percé dans la peau, puis finissent par en sortir au printemps pour tomber au sol et se transformer en mouches adultes.
Vivre dans une région où la mouche Hypoderma tarandi est présente, c'est-à-dire les zones arctiques et subarctiques fréquentées par les rennes et caribous sauvages ou domestiques.
Les jeunes animaux et les animaux affaiblis semblent plus sensibles aux conséquences de fortes infestations.
Les étés chauds favorisent l'activité des mouches adultes et donc le niveau d'infestation.
La densité du troupeau et le contact avec d'autres rennes ou caribous infestés augmentent le risque d'exposition aux mouches.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire pose le diagnostic en observant les nodules caractéristiques sous la peau du dos, surtout en hiver et au printemps, période où les larves sont bien développées.
Il peut confirmer la présence de la larve en examinant l'orifice de respiration ou en réalisant une petite incision pour visualiser le parasite.
L'historique géographique de l'animal et la saison sont des éléments importants pris en compte, puisque la maladie suit un cycle annuel bien défini.
Traitement
Le traitement repose sur l'utilisation de produits antiparasitaires spécifiques, prescrits et administrés par le vétérinaire, capables de détruire les larves en migration ou déjà installées sous la peau.
Dans certains cas, les nodules peuvent être traités localement par les soins vétérinaires pour éviter les complications infectieuses.
Aucune automédication ne doit être tentée, le choix du produit et le moment du traitement étant essentiels pour son efficacité et la sécurité de l'animal.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La prévention repose principalement sur des traitements antiparasitaires appliqués par le vétérinaire à des périodes précises de l'année, avant l'apparition des nodules, pour éliminer les larves en migration.
La surveillance régulière du troupeau permet de repérer les animaux affectés et d'évaluer le niveau d'infestation d'une année sur l'autre.
Il n'existe pas de vaccin contre cette maladie.
Complications possibles
Une infestation massive peut entraîner un affaiblissement général de l'animal, une perte de poids et une baisse de la production.
Les nodules percés peuvent s'infecter secondairement par des bactéries, provoquant une inflammation plus importante de la peau.
Des dommages au niveau du cuir sont également possibles, ce qui peut avoir un impact économique pour les éleveurs valorisant les peaux.
Quand consulter un vétérinaire
Apparition de nodules durs et sensibles sous la peau du dos de l'animal.
Perte de poids ou affaiblissement inexpliqué du renne, surtout en hiver ou au printemps.
Lésions cutanées qui ne guérissent pas ou qui semblent infectées.
Comportement d'agitation intense inhabituel durant la période estivale, pouvant traduire une attaque de mouches.
Pronostic
Le pronostic est généralement favorable pour les animaux peu infestés, qui éliminent naturellement les larves au printemps sans séquelles majeures.
En cas d'infestation lourde, la récupération peut être plus longue et nécessiter un accompagnement vétérinaire, notamment si des complications infectieuses surviennent.
Un traitement antiparasitaire bien mené, réalisé au bon moment, améliore nettement le confort de l'animal et limite les pertes économiques pour l'éleveur.
Questions fréquentes
Le varron du renne est-il dangereux pour l'humain ?
Non, cette maladie est spécifique au renne et au caribou. Elle n'est pas transmissible à l'humain ni aux autres animaux domestiques courants.
Pourquoi voit-on des trous dans la peau du renne en hiver ?
Ce sont les orifices de respiration percés par les larves logées sous la peau. Chaque nodule correspond à une larve qui se développe avant de sortir au printemps.
Peut-on éviter cette maladie chez les rennes d'élevage ?
Un traitement antiparasitaire préventif, prescrit par un vétérinaire et administré au bon moment de l'année, permet de réduire fortement le nombre de larves qui s'installent sous la peau.
L'infestation guérit-elle toute seule ?
Oui, dans la majorité des cas les larves sortent naturellement au printemps et la peau cicatrise. Mais une infestation importante peut affaiblir l'animal et nécessiter un suivi vétérinaire.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet · Mis à jour 18 août 2026
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