Maladie inflammatoire chronique de l'intestin du chien
La paroi de l'intestin est envahie durablement par des cellules inflammatoires. Elle s'épaissit et absorbe moins bien les nutriments. Ce n'est pas une infection : le système immunitaire de l'intestin réagit de façon excessive et persistante...
De quoi s'agit-il ?
La paroi de l'intestin est envahie durablement par des cellules inflammatoires. Elle s'épaissit et absorbe moins bien les nutriments.
Ce n'est pas une infection : le système immunitaire de l'intestin réagit de façon excessive et persistante à des éléments habituellement bien tolérés, comme les composants de l'alimentation ou les bactéries normales du tube digestif.
La maladie évolue par poussées, sur des mois ou des années. On parle aussi d'entéropathie chronique, terme qui regroupe plusieurs formes distinguées par leur réponse au traitement.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Diarrhée qui dure ou revient régulièrement depuis plus de trois semaines.
Vomissements intermittents, parfois sans lien avec les repas.
Amaigrissement progressif malgré une alimentation correcte.
Appétit variable : capricieux, diminué, parfois augmenté.
Selles molles, glaireuses, parfois striées de sang si le gros intestin est touché ; besoins plus fréquents et urgents.
Gargouillis, ventre gonflé, gaz.
Pelage terne, fatigue, baisse d'activité.
Dans les formes avec fuite de protéines, gonflement des membres ou du ventre par accumulation de liquide.
Entre les poussées, le chien peut paraître tout à fait normal.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La cause n'est pas unique : la maladie résulte de la rencontre entre un terrain génétique, la flore intestinale et des éléments de l'alimentation.
Le système immunitaire de l'intestin perd sa tolérance et entretient une inflammation permanente.
Des facteurs déclenchants sont souvent retrouvés : épisode infectieux ou parasitaire ancien, traitements antibiotiques répétés, stress chronique.
Avant de retenir ce diagnostic, il faut écarter les causes identifiables de diarrhée chronique : parasites, infections, insuffisance pancréatique, maladie du foie ou des reins, tumeur digestive.
Certaines races sont plus souvent touchées : berger allemand, boxer, yorkshire terrier, shar-peï, rottweiler, soft coated wheaten terrier.
Adultes jeunes à d'âge moyen le plus souvent.
Antécédents de troubles digestifs répétés depuis le jeune âge.
Usage répété d'antibiotiques, qui déséquilibre durablement la flore intestinale.
Environnement stressant ou changements fréquents de rythme de vie.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le diagnostic se construit par élimination et demande de la patience : il n'existe pas de test unique.
Le vétérinaire commence par des analyses de selles pour écarter parasites et infections, une prise de sang complète et le test spécifique du pancréas.
Une échographie de l'abdomen évalue l'épaisseur de la paroi digestive et les ganglions.
Le dosage de la vitamine B12 et de l'albumine oriente sur la sévérité de l'atteinte.
Des essais alimentaires successifs, conduits strictement pendant plusieurs semaines, permettent d'identifier les chiens qui répondent simplement à un changement d'aliment.
Si les signes persistent, des biopsies de la paroi intestinale, prélevées par endoscopie ou par chirurgie, confirment l'inflammation et écartent une tumeur.
Traitement
La démarche est progressive, du traitement le plus simple au plus lourd.
Première étape : un régime alimentaire strict, à base d'une source de protéines nouvelle pour le chien ou de protéines découpées en très petits fragments, donné seul pendant plusieurs semaines. Aucune friandise, aucun reste de table, aucun aliment autre : un seul écart fausse l'essai.
Deuxième étape : lorsqu'une prolifération bactérienne est suspectée, un traitement antibiotique d'épreuve peut être prescrit par le vétérinaire.
Troisième étape : si les signes persistent, des médicaments qui freinent la réaction immunitaire sont utilisés, en commençant par les corticoïdes, seuls ou associés à un autre immunomodulateur.
Une supplémentation en vitamine B12 est fréquente.
Des compléments favorisant l'équilibre de la flore intestinale sont souvent associés.
Le traitement se réduit ensuite à la dose minimale efficace, sous contrôle vétérinaire, et jamais par décision du propriétaire.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
On ne peut pas empêcher l'apparition de la maladie.
On peut limiter les poussées : alimentation stable et de bonne qualité, transitions alimentaires progressives, pas de restes de table.
Vermifugation régulière, qui écarte une cause d'irritation intestinale.
Éviter les antibiotiques inutiles, qui déséquilibrent la flore.
Réduire le stress et maintenir un rythme de vie régulier.
Consulter tôt devant une diarrhée qui traîne, plutôt que d'enchaîner les changements d'aliment sans avis vétérinaire.
Complications possibles
Fuite de protéines par l'intestin, avec accumulation de liquide dans le ventre ou gonflement des membres : c'est la forme la plus grave.
Amaigrissement sévère et fonte musculaire.
Carences en vitamines, notamment B12.
Risque accru de formation de caillots dans les formes avec perte de protéines.
Effets indésirables des traitements prolongés, qui imposent un suivi régulier.
Évolution possible vers une tumeur digestive dans de rares cas, ce que les biopsies aident à surveiller.
Quand consulter un vétérinaire
La diarrhée de votre chien dure depuis plus de trois semaines ou revient sans cesse.
Il maigrit alors qu'il mange.
Ses selles contiennent du sang ou du mucus de façon répétée.
Ses membres ou son ventre gonflent : consultez rapidement, cela évoque une perte de protéines.
Il vomit régulièrement sans cause évidente.
Son état général se dégrade, il est fatigué et son pelage se ternit.
Pronostic
Beaucoup de chiens sont contrôlés durablement, souvent par l'alimentation seule, avec une bonne qualité de vie.
La maladie se contrôle plus qu'elle ne se guérit : des poussées peuvent survenir, notamment après un écart alimentaire.
Le pronostic est plus réservé dans les formes avec fuite importante de protéines et chez les chiens qui répondent mal aux traitements immunomodulateurs.
La régularité du propriétaire dans le suivi du régime est un des principaux facteurs de réussite.
Questions fréquentes
Pourquoi faut-il autant d'examens avant de poser le diagnostic ?
Parce qu'il n'existe pas de test unique et que beaucoup de maladies donnent une diarrhée chronique. Traiter une inflammation chronique alors qu'il s'agit d'un parasite ou d'une insuffisance pancréatique reviendrait à passer à côté d'une cause simple à corriger.
Une seule friandise peut-elle vraiment tout gâcher pendant l'essai alimentaire ?
Oui. L'essai n'a de valeur que s'il est strict : un seul écart peut relancer les signes et rendre le résultat impossible à interpréter. Prévenez toute la famille.
Mon chien devra-t-il prendre des corticoïdes à vie ?
Pas nécessairement. Beaucoup de chiens sont stabilisés par l'alimentation seule. Quand un traitement immunomodulateur est nécessaire, on cherche ensuite la dose minimale efficace, toujours sous contrôle vétérinaire.
Est-ce la même maladie que chez l'être humain ?
Il y a des ressemblances de mécanisme, mais ce sont des maladies distinctes. Les traitements humains ne se transposent pas au chien et ne doivent jamais être utilisés sans prescription vétérinaire.
Références
WSAVA — World Small Animal Veterinary Association
Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet · Mis à jour 24 août 2026
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