Crise de l'eau en Tunisie : la réforme du code des eaux va-t-elle changer la donne ?
La crise de l'eau en Tunisie a franchi un nouveau seuil critique : 608 signalements de coupures ou de problèmes d'approvisionnement ont été recensés en juillet, un record depuis le début de l'année. Face à cette urgence, les autorités finalisent une réforme majeure du code des eaux, dont la version remaniée est désormais prête à être soumise au conseil des ministres. Pour les éleveurs et agriculteurs, dont l'activité dépend directement d'un accès fiable à l'eau, ces évolutions méritent une attention particulière.
Un record de signalements de coupures d'eau en juillet
Selon les chiffres rapportés, la Tunisie a enregistré en juillet le nombre le plus élevé de signalements liés aux problèmes d'approvisionnement hydrique depuis le début de l'année, avec 608 cas recensés. Ce pic coïncide avec l'intensification des températures et le cœur de la saison estivale, qui ont placé le pays dans une phase critique d'urgence hydrique.
Les gouvernorats les plus touchés
- Nabeul arrive en tête avec 65 signalements
- Monastir suit avec 62 signalements
- Mahdia enregistre 51 signalements
- Sousse occupe la quatrième position avec 49 signalements
- Sfax compte 42 signalements
- Médenine ferme ce classement avec 41 signalements
Ces zones concentrent une partie importante de l'activité agricole et d'élevage du pays, ce qui rend la situation d'autant plus préoccupante pour les producteurs locaux qui dépendent d'un accès régulier à l'eau pour l'abreuvement du bétail et l'irrigation.
Pourquoi les coupures d'eau se multiplient
La Société nationale d'exploitation et de distribution des eaux (Sonede) justifie ces coupures par des pannes récurrentes sur son réseau, liées à la vétusté des équipements et des canalisations. Une partie de ces infrastructures remonte aux années 1980 et 1990, ce qui explique la fragilité du système face aux pics de demande estivale.
La réforme du code des eaux entre dans sa phase finale
Face à cette situation, le ministère de l'Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche indique que le projet de révision du code des eaux entre désormais dans sa phase finale. La version remaniée est prête à être soumise au conseil des ministres, avant son examen par l'Assemblée des Représentants du Peuple (ARP).
Ce dossier fait l'objet de concertations depuis le conseil ministériel restreint du 25 février 2025. Le projet de réforme a été transmis aux services compétents le 30 juin 2026 et comprend :
- un tableau explicatif des observations intégrées
- une version préliminaire des textes d'application
- une note détaillée sur les réformes apportées
Cette réforme du cadre juridique de la gestion des ressources en eau vise à moderniser un texte existant afin de mieux répondre aux enjeux actuels de pénurie et de répartition entre les différents usages, y compris agricoles.
Ce que cela implique pour les éleveurs et agriculteurs
Pour les exploitants agricoles et les éleveurs, la fiabilité de l'approvisionnement en eau est une condition de base pour la santé et le bien-être des animaux comme pour la viabilité des cultures. En période de tension hydrique, certaines précautions restent pertinentes au quotidien :
- anticiper les besoins en eau des animaux d'élevage, particulièrement lors des pics de chaleur estivaux
- surveiller les signes de déshydratation chez le bétail (léthargie, réduction de l'appétit, muqueuses sèches)
- entretenir régulièrement les points d'eau et les installations pour limiter les pertes
- se tenir informé des évolutions réglementaires liées au code des eaux, qui pourraient modifier les règles d'accès et de gestion des ressources
En cas de doute sur l'état de santé d'un animal exposé à un stress hydrique prolongé, il est recommandé de consulter rapidement un professionnel. L'annuaire vétérinaires spécialisés en élevage et animaux de ferme permet de trouver un praticien à proximité pour un accompagnement adapté.
Quand la réforme du code des eaux sera-t-elle appliquée ?
À ce stade, le projet de réforme est en phase finale et doit encore être soumis au conseil des ministres avant son examen par l'Assemblée des Représentants du Peuple. Aucune date précise d'entrée en vigueur n'est communiquée pour le moment, le texte suivant encore les étapes du processus législatif.
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