Le cou de la girafe compte exactement sept vertèbres, comme celui de tous les mammifères, mais chacune peut mesurer jusqu'à 25 cm de long. L'origine évolutive de cette démesure reste débattue : elle aurait favorisé l'accès au feuillage haut des acacias, ou bien serait le fruit de la sélection sexuelle liée aux combats de cou entre mâles, le « necking ».
Deux hypothèses, un débat non tranché
L'hypothèse historique dite du « feuillage » suppose qu'un cou plus long donne un accès exclusif aux ressources situées au-dessus de la portée des autres herbivores, réduisant la compétition alimentaire. Mais des observations montrent que les girafes se nourrissent souvent à hauteur d'épaule, ce qui affaiblit cet argument. L'hypothèse du « necking » avance que le cou et la tête massive, utilisés comme des armes lors des affrontements entre mâles pour l'accès aux femelles, auraient été sélectionnés pour leur force de frappe plutôt que pour leur portée. Les deux mécanismes ne s'excluent pas et ont pu agir de façon combinée au cours de l'évolution de l'espèce.
Quelle que soit l'origine du caractère, sa conséquence physiologique est majeure : le cœur de la girafe, qui peut peser environ 11 kg, développe une pression artérielle près de deux fois supérieure à celle d'un être humain pour propulser le sang jusqu'au cerveau, situé à plus de 2 mètres au-dessus du sol.
Un réseau vasculaire pour ne pas s'évanouir
Ce même système doit gérer l'inverse : lorsque l'animal baisse brutalement la tête pour boire, la gravité pourrait provoquer un afflux sanguin dangereux vers l'encéphale. La girafe dispose pour cela d'un réseau de vaisseaux resserrés à la base du crâne, le rete mirabile, qui amortit les variations brutales de pression, ainsi que de valves veineuses dans le cou limitant le reflux sanguin. Ces adaptations vasculaires permettent à l'animal de relever et d'abaisser la tête rapidement sans perte de connaissance, un point qui intrigue toujours les chercheurs en physiologie comparée.
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