La corne du rhinocéros blanc n'est pas un os mais une masse compacte de kératine, la même protéine fibreuse qui compose nos ongles et les poils. Sans racine ni ancrage osseux, elle pousse en continu à partir de la peau et sert d'outil de défense, de dominance sociale et de dégagement de végétation.
Une structure sans équivalent osseux
Contrairement aux cornes des bovidés ou aux bois des cervidés, la corne du rhinocéros n'a aucun noyau osseux : elle repose directement sur l'os nasal, séparée par la peau, et est formée de filaments de kératine agglomérés très serrés, un peu comme des poils compressés en faisceau. Cette structure explique qu'elle puisse repousser après une coupe ou une casse accidentelle, à raison de plusieurs centimètres par an selon les individus.
Chez le rhinocéros blanc (Ceratotherium simum), la corne antérieure peut dépasser 90 cm chez certains individus et constitue l'organe le plus visible utilisé lors des confrontations pour établir la hiérarchie entre mâles, lors de la défense contre les prédateurs, et pour écarter les branches épineuses ou creuser le sol à la recherche d'eau ou de minéraux.
Une croyance sans fondement scientifique
Le braconnage massif qui menace l'espèce repose sur une croyance, notamment en médecine traditionnelle asiatique, selon laquelle la corne aurait des vertus thérapeutiques. Or sa composition est identique à celle de la kératine humaine des ongles : aucune analyse biochimique n'a jamais démontré de principe actif justifiant ces usages. Cette demande illégale a néanmoins conduit à un déclin dramatique des populations, faisant du rhinocéros blanc une espèce sous statut de conservation préoccupant et sous stricte réglementation du commerce international.
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