Papillon monarque — Comment le papillon monarque retrouve-t-il son chemin sur des milliers de kilomètres
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Comment le papillon monarque retrouve-t-il son chemin sur des milliers de kilomètres ?

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Le papillon monarque s'oriente grâce à une véritable boussole solaire compensée par le temps : ses antennes abritent une horloge interne qui ajuste sa trajectoire selon l'heure de la journée, complétée par une sensibilité au champ magnétique terrestre. Fait remarquable, la migration se déroule sur plusieurs générations successives, aucun individu ne parcourant l'aller-retour complet.

Une boussole à double compensation

Les yeux composés du monarque perçoivent la position du soleil, mais cette information seule ferait dévier sa route au fil des heures puisque l'astre se déplace dans le ciel. C'est ici qu'interviennent les antennes : elles contiennent une horloge circadienne moléculaire qui, indépendamment du cerveau, calcule le moment de la journée et corrige l'angle de vol en conséquence. Des expériences ont montré que des monarques dont les antennes sont peintes en noir (bloquant la lumière sans les amputer) perdent cette capacité de compensation temporelle, alors que leur horloge cérébrale continue de fonctionner normalement.

Par temps couvert, un second système prend le relais : une sensibilité à l'inclinaison du champ magnétique terrestre, probablement basée sur des cryptochromes présents dans les antennes, permettrait de maintenir un cap général vers le sud-ouest lors de la migration d'automne vers les forêts d'oyamel du centre du Mexique, un trajet qui peut dépasser 4000 kilomètres.

Une mémoire qui ne tient pas dans une seule vie

Aucun monarque ne réalise le cycle complet aller-retour. Les individus qui migrent vers le Mexique à l'automne vivent plusieurs mois grâce à une diapause reproductive, mais leurs descendants du printemps suivant, qui remontent vers le nord, ne vivent que quelques semaines et se relaient sur deux à cinq générations avant d'atteindre le Canada. Le trajet retour vers les sites d'hivernage est donc accompli par des arrière-petits-enfants n'ayant jamais vu ces lieux, ce qui implique un programme d'orientation en grande partie inné plutôt qu'appris par expérience individuelle.

Publié le · Mis à jour le

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