Non, un cheval ne peut pratiquement pas vomir. Son anatomie rend le reflux du contenu de l'estomac vers l'œsophage extrêmement difficile, voire impossible dans la grande majorité des cas, contrairement au chien ou à l'humain.
Un verrou anatomique quasi infranchissable
Chez le cheval, l'œsophage rejoint l'estomac selon un angle très fermé, presque à angle droit, ce qui crée une sorte de valve naturelle. À cet endroit se trouve un sphincter cardial particulièrement puissant et musclé, capable de résister à des pressions internes considérables. Lorsque l'estomac se distend sous l'effet d'une surcharge alimentaire ou d'une fermentation excessive, ce sphincter se contracte encore davantage au lieu de céder, empêchant tout retour du contenu gastrique vers la bouche.
À cela s'ajoute un réflexe nauséeux quasiment absent : les centres nerveux qui, chez d'autres espèces, coordonnent les contractions abdominales et l'ouverture du cardia pour expulser le contenu de l'estomac sont peu fonctionnels chez le cheval. La paroi de l'estomac équin est elle-même relativement fragile et peu extensible : son volume, de l'ordre de 8 à 15 litres seulement pour un animal de 500 kg, est très réduit comparé à la taille du tube digestif dans son ensemble.
Une urgence vitale plutôt qu'un mécanisme protecteur
Cette incapacité transforme un simple excès alimentaire en situation potentiellement mortelle : si l'estomac continue de se distendre sans pouvoir se vider vers l'avant ni évacuer par les voies naturelles, la pression peut aller jusqu'à provoquer une rupture gastrique, presque toujours fatale. C'est pourquoi une suspicion de surcharge, de coliques ou de distension abdominale chez un cheval doit toujours être considérée comme une urgence vétérinaire à traiter sans délai, sans attendre un éventuel vomissement qui ne viendra pas.
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