Loque américaine du bourdon
La loque américaine est une maladie bactérienne grave qui touche le couvain, c'est-à-dire les larves et nymphes en développement dans le nid. Elle est causée par une bactérie sporulée, Paenibacillus larvae, capable de survivre très longtemp...
De quoi s'agit-il ?
La loque américaine est une maladie bactérienne grave qui touche le couvain, c'est-à-dire les larves et nymphes en développement dans le nid. Elle est causée par une bactérie sporulée, Paenibacillus larvae, capable de survivre très longtemps dans l'environnement.\n\nBien que le nom évoque les abeilles domestiques, cette maladie ou des formes très proches peuvent aussi toucher le couvain des bourdons (Bombus sp.), en particulier dans les élevages de bourdons utilisés pour la pollinisation sous serre. Elle affaiblit fortement, voire détruit, les colonies atteintes.\n\nIl s'agit d'une maladie à déclaration obligatoire pour les abeilles domestiques dans de nombreux pays ; sa gestion chez le bourdon suit des principes similaires de précaution sanitaire.
À retenir
Maladie grave et très contagieuse au sein d'un élevage, sans traitement curatif fiable ; sa gestion repose sur des mesures sanitaires strictes.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Le signe principal est un couvain qui a un aspect anormal : cellules ou cocons irréguliers, affaissés, décolorés (brunâtre à noirâtre) au lieu de la couleur claire habituelle des larves saines.\n\nUne odeur désagréable, parfois décrite comme une odeur de colle ou de putréfaction, peut se dégager du nid atteint.\n\nLa colonie montre des signes d'affaiblissement général : moins d'individus adultes, activité réduite, difficulté à maintenir le nid en bon état.\n\nÀ un stade avancé, le contenu des cellules atteintes devient visqueux et filant, un signe assez caractéristique de cette maladie chez les abeilles et probablement similaire chez le bourdon.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La maladie est due à une bactérie du genre Paenibacillus, capable de former des spores très résistantes. Ces spores contaminent la nourriture larvaire ; les jeunes larves les ingèrent puis la bactérie se multiplie dans leur intestin et finit par les tuer avant ou juste après l'operculation (fermeture de la cellule).\n\nLes spores libérées par les larves mortes contaminent ensuite le reste du nid et peuvent persister très longtemps dans les matériaux et équipements.
Les colonies de bourdons élevées en masse pour la pollinisation commerciale, dans des conditions de forte densité, sont plus exposées.\n\nLe matériel d'élevage réutilisé sans désinfection rigoureuse, l'introduction de colonies ou de reines d'origine non contrôlée, et les échanges entre élevages augmentent le risque de contamination.\n\nLe stress, une alimentation de mauvaise qualité ou un affaiblissement général de la colonie peuvent favoriser l'expression de la maladie.
Transmission
La transmission se fait par les spores bactériennes très résistantes, présentes dans la nourriture larvaire contaminée. Elle peut se propager au sein d'une colonie, entre colonies via du matériel partagé, ou lors de l'introduction de nouvelles reines ou colonies non contrôlées sanitairement.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le diagnostic repose sur l'observation du couvain par un professionnel averti, complétée si besoin par des analyses de laboratoire permettant d'identifier la bactérie responsable (culture, tests spécifiques). Ces analyses sont réalisées par des laboratoires vétérinaires ou apicoles spécialisés.\n\nUn vétérinaire spécialisé en pathologie des insectes pollinisateurs ou un service apicole officiel doit être contacté dès qu'une suspicion existe, car cette maladie relève souvent d'une réglementation sanitaire spécifique.
Traitement
Il n'existe pas de traitement curatif fiable et recommandé pour cette maladie en raison de la résistance extrême des spores bactériennes. La gestion repose essentiellement sur des mesures sanitaires : destruction des colonies atteintes et désinfection ou élimination du matériel contaminé, selon les recommandations des autorités sanitaires compétentes.\n\nL'usage d'antibiotiques n'est pas une solution recommandée : il peut masquer les symptômes sans éliminer les spores, favorisant une propagation silencieuse de la maladie.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La prévention repose avant tout sur une hygiène stricte des élevages : désinfection régulière du matériel, contrôle sanitaire des colonies avant introduction, et surveillance attentive de l'aspect du couvain.\n\nIl est essentiel de se fournir auprès de producteurs de bourdons certifiés et suivis sanitairement, en particulier pour les usages de pollinisation sous serre.\n\nToute colonie suspecte doit être isolée rapidement pour éviter la propagation aux autres nids présents dans la même exploitation.
Complications possibles
Sans mesures rapides, la colonie peut s'effondrer complètement. Les spores bactériennes contaminent durablement l'environnement et le matériel, ce qui expose les colonies suivantes à un risque élevé de nouvelle contamination.
Quand consulter un vétérinaire
Couvain qui présente une couleur ou une texture anormale (brunâtre, affaissé, visqueux)\nOdeur inhabituelle et désagréable provenant du nid\nAffaiblissement rapide et inexpliqué de la colonie\nMortalité anormale des larves ou nymphes\nDoute sur l'état sanitaire d'une colonie nouvellement introduite
Pronostic
Le pronostic pour une colonie atteinte est réservé à sombre : la maladie est généralement fatale pour le nid si elle n'est pas gérée précocement par des mesures d'élimination et de désinfection. Le pronostic pour l'exploitation dépend surtout de la rapidité de détection et de la rigueur des mesures sanitaires appliquées.
Questions fréquentes
La loque américaine du bourdon peut-elle contaminer les abeilles domestiques ?
Le risque de transmission croisée entre bourdons et abeilles n'est pas totalement écarté, notamment via du matériel ou des fleurs partagés. Par précaution, il est recommandé de séparer les élevages de bourdons des ruchers et de respecter des règles d'hygiène strictes.
Peut-on soigner une colonie de bourdons atteinte avec des antibiotiques ?
Non, ce n'est pas recommandé. Les antibiotiques ne détruisent pas les spores bactériennes responsables et peuvent masquer les symptômes, ce qui retarde la détection et favorise la propagation de la maladie.
Comment savoir si une colonie de bourdons achetée est saine ?
Il est conseillé de se fournir uniquement auprès de producteurs certifiés qui appliquent un suivi sanitaire rigoureux et peuvent garantir l'absence de maladies du couvain.
Cette maladie est-elle dangereuse pour l'humain ?
Non, elle ne touche que les insectes et ne présente aucun risque pour les personnes ou les autres animaux.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet · Mis à jour 25 août 2026
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