Maladie virale Crevette

Maladie de la tache blanche de la crevette

La maladie de la tache blanche est une infection virale extrêmement contagieuse et souvent mortelle qui touche les crevettes d'élevage et sauvages, ainsi que d'autres crustacés (crabes, écrevisses). Elle doit son nom aux petites taches blan...

De quoi s'agit-il ?

La maladie de la tache blanche est une infection virale extrêmement contagieuse et souvent mortelle qui touche les crevettes d'élevage et sauvages, ainsi que d'autres crustacés (crabes, écrevisses). Elle doit son nom aux petites taches blanches circulaires qui apparaissent parfois sur la face interne de la carapace, en particulier sur le céphalothorax. C'est l'une des maladies les plus redoutées de l'aquaculture crevetticole mondiale, car elle peut décimer un bassin entier en quelques jours et causer des pertes économiques majeures. Elle est présente dans de nombreuses régions productrices de crevettes, y compris dans le pourtour méditerranéen et au Moyen-Orient.

À retenir

Maladie à déclaration obligatoire dans de nombreux pays en raison de son impact économique majeur ; capable de causer une mortalité quasi totale d'un élevage en quelques jours.

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Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Les crevettes atteintes deviennent lentes, cessent de s'alimenter et remontent parfois près de la surface ou des berges du bassin. La carapace peut présenter de petites taches blanches rondes, surtout visibles sur la face interne du céphalothorax (partie avant du corps), mais ce signe n'est pas toujours présent ou visible à l'œil nu. Le corps peut prendre une teinte rosée à rougeâtre inhabituelle. La mortalité augmente très rapidement dans le bassin, parfois en l'espace de quelques jours seulement, touchant une grande partie du cheptel.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La maladie est causée par le virus de la tache blanche (White Spot Syndrome Virus, WSSV), un virus à ADN appartenant à la famille des Nimaviridae. C'est l'un des agents pathogènes les plus dévastateurs pour les élevages de crevettes dans le monde. Le virus infecte de très nombreux tissus de la crevette : épiderme, branchies, tube digestif, organe lymphoïde. Il se réplique rapidement et provoque une infection généralisée qui entraîne souvent la mort en quelques jours.

Les facteurs qui favorisent l'apparition ou l'aggravation de la maladie sont : le stress (variations brutales de température ou de salinité, mauvaise qualité de l'eau), la forte densité d'élevage, l'introduction de crevettes ou d'eau contaminées, la présence de crustacés sauvages porteurs autour des bassins, et les périodes de transition saisonnière où les températures de l'eau varient fortement. Les jeunes stades (post-larves, juvéniles) semblent particulièrement vulnérables aux formes sévères.

Transmission

Le virus se transmet très facilement de plusieurs façons : par contact direct entre crevettes (y compris cannibalisme d'animaux morts ou malades), par l'eau contaminée, par des vecteurs comme les crabes, insectes aquatiques ou oiseaux qui transportent des particules virales entre bassins, et par du matériel d'élevage souillé. La transmission peut aussi se faire de la femelle reproductrice à sa ponte (transmission verticale). Le virus survit un certain temps dans l'eau et les sédiments, ce qui complique l'assainissement des bassins touchés.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Il n'existe pas de test rapide « maison » fiable pour confirmer la maladie de la tache blanche.

Traitement

Il n'existe aucun traitement antiviral spécifique et efficace contre cette maladie. La prise en charge en élevage consiste principalement en des mesures de soutien et de gestion de crise : amélioration de la qualité de l'eau, réduction du stress, retrait et élimination sécurisée des animaux morts ou moribonds pour limiter la propagation, et parfois vidange complète et désinfection du bassin en cas d'épizootie confirmée. Des probiotiques ou immunostimulants peuvent être utilisés dans une optique de soutien général, sous encadrement d'un spécialiste, mais ils ne guérissent pas l'infection.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La prévention repose avant tout sur la biosécurité de l'exploitation. Il faut utiliser des post-larves certifiées indemnes du virus, contrôler la qualité de l'eau entrante (filtration, désinfection), éviter l'introduction d'animaux sauvages porteurs (crabes, insectes aquatiques) dans les bassins, et désinfecter le matériel entre les cycles d'élevage. La densité d'élevage doit être maîtrisée car le surpeuplement favorise la transmission. Les changements brusques de température ou de salinité, qui stressent les crevettes, doivent être évités car ils favorisent l'expression clinique de la maladie chez des animaux porteurs. Un suivi sanitaire régulier avec des analyses PCR sur des lots de crevettes permet de détecter précocement une contamination avant l'apparition de signes cliniques massifs.

Complications possibles

Sans intervention, la mortalité dans un bassin infecté peut atteindre la quasi-totalité des animaux en quelques jours à deux semaines. La maladie affaiblit aussi les crevettes survivantes, les rendant plus sensibles à d'autres infections opportunistes (bactéries, autres virus). Sur le plan économique, une épidémie de tache blanche peut ruiner une exploitation en une seule saison et contaminer durablement le milieu (sédiments, eau, hôtes porteurs sauvages comme crabes et autres crustacés).

Quand consulter un vétérinaire

Mortalité soudaine et importante de crevettes dans un bassin ou un aquarium.

Apparition de taches blanches sur la carapace de plusieurs animaux.

Comportement anormal généralisé : léthargie, arrêt de l'alimentation, animaux qui remontent en surface.

Suspicion de contamination après introduction de nouveaux animaux ou d'eau d'origine incertaine.

Pronostic

Le pronostic est très sombre une fois l'infection déclarée : la mortalité dans les bassins touchés est généralement très élevée, pouvant approcher 100 % en quelques jours à deux semaines. Il n'existe pas de guérison individuelle. Le seul espoir pour l'exploitation est de limiter la propagation à d'autres bassins et de repartir avec des animaux indemnes après assainissement complet du site.

Questions fréquentes

La maladie de la tache blanche peut-elle contaminer l'homme ?

Non. Ce virus est spécifique aux crustacés et ne présente aucun risque pour la santé humaine. Les crevettes atteintes ne sont pas dangereuses à manger sur le plan sanitaire humain, même si elles sont impropres à la vente pour des raisons de qualité et de réglementation zoosanitaire.

Toutes les taches blanches sur la carapace signifient-elles cette maladie ?

Non, certaines taches peuvent avoir d'autres causes (minérales, bactériennes). Seule une analyse de laboratoire permet de confirmer la présence du virus responsable de la maladie de la tache blanche.

Peut-on soigner une crevette atteinte ?

Il n'existe pas de traitement curatif efficace contre ce virus. La prise en charge se limite à des mesures de gestion du bassin et à l'élimination des animaux malades pour limiter la propagation.

Comment le virus arrive-t-il dans un élevage ?

Il peut être introduit par des larves ou géniteurs porteurs, par de l'eau contaminée, par des oiseaux ou insectes transportant des débris infectés, ou par du matériel d'élevage souillé.

Références

WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)

FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture

Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet · Mis à jour 29 août 2026

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EN BREF

AgentVirus
EspèceCrevette
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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