Maladie du faciès (tumeur faciale contagieuse du diable de Tasmanie)
La maladie du faciès est un cancer transmissible unique au monde. Elle touche uniquement le diable de Tasmanie, un marsupial carnivore vivant en Australie. Contrairement à la majorité des cancers, celui-ci n'est pas causé par une mutation p...
De quoi s'agit-il ?
La maladie du faciès est un cancer transmissible unique au monde. Elle touche uniquement le diable de Tasmanie, un marsupial carnivore vivant en Australie.
Contrairement à la majorité des cancers, celui-ci n'est pas causé par une mutation propre à chaque individu. Les cellules cancéreuses elles-mêmes se transmettent directement d'un animal malade à un animal sain, un peu comme le ferait un parasite.
Cette maladie forme des tumeurs autour de la bouche, du visage et du cou. Elle est presque toujours mortelle et a fait chuter très fortement les populations sauvages de diables de Tasmanie depuis sa découverte dans les années 1990.
À retenir
Maladie quasi systématiquement mortelle en quelques mois, responsable d'un déclin majeur des populations sauvages de diables de Tasmanie et classée comme menace grave pour la survie de l'espèce.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Les premiers signes sont souvent discrets. On observe de petites bosses ou plaies autour de la bouche, sur le museau ou près des yeux.
Ces lésions grossissent ensuite rapidement et se transforment en tumeurs qui peuvent devenir volumineuses et ulcérées.
Selon leur localisation, les tumeurs gênent l'animal pour manger, pour voir ou pour respirer.
L'animal maigrit progressivement, devient plus fatigué et finit par ne plus pouvoir s'alimenter correctement.
La mort survient généralement en quelques mois après l'apparition des premiers signes, par épuisement, incapacité à se nourrir ou complications liées aux tumeurs.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La maladie est causée par des cellules cancéreuses vivantes qui se transmettent physiquement d'un diable à un autre. Ces cellules tumorales, issues à l'origine d'un seul animal, ont acquis la capacité de survivre et de se multiplier dans le corps d'autres individus sans être rejetées par leur système immunitaire.
La transmission se fait lors des morsures que les diables de Tasmanie s'infligent fréquemment entre eux, notamment lors des repas en groupe ou des comportements de reproduction. Les cellules cancéreuses passent alors directement de la plaie d'un animal infecté vers un animal sain.
Tous les diables de Tasmanie adultes sont potentiellement exposés, car les morsures faciales sont un comportement social normal chez cette espèce.
Les zones à forte densité de population sont plus touchées, car les contacts entre individus y sont plus fréquents.
Les jeunes individus qui ne se nourrissent pas encore en groupe et les populations isolées géographiquement semblent relativement moins exposés.
Transmission
La transmission se fait par contact direct, essentiellement via les morsures autour de la face lors d'interactions sociales agressives (compétition pour la nourriture, comportements liés à la reproduction). Ce ne sont pas des virus ou des bactéries qui se transmettent, mais des cellules tumorales entières.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le diagnostic repose sur l'examen clinique des tumeurs faciales typiques chez un diable de Tasmanie.
Il est confirmé par des examens de laboratoire, notamment l'analyse microscopique des cellules tumorales (cytologie ou histologie) et des tests génétiques spécifiques qui permettent d'identifier les cellules cancéreuses transmissibles et de les distinguer d'autres types de tumeurs.
Traitement
Il n'existe pas de traitement curatif efficace une fois la maladie installée chez un animal sauvage.
Selon les cas et le contexte (animal en captivité, recherche), une intervention chirurgicale pour retirer une tumeur localisée peut être envisagée par un vétérinaire spécialisé, mais les récidives sont fréquentes.
La recherche scientifique travaille activement sur des approches immunothérapeutiques et vaccinales, encore expérimentales à ce jour.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
Il n'existe pas de vaccin disponible en pratique courante à ce jour, bien que des recherches soient en cours.
La prévention repose surtout sur des mesures de gestion des populations sauvages : surveillance, retrait des animaux malades pour limiter la propagation, et maintien de populations saines isolées (îles indemnes, insurance populations élevées en captivité) afin de préserver une réserve génétique et sanitaire pour l'espèce.
En captivité, l'isolement strict des animaux atteints et l'absence de contact avec des populations sauvages infectées sont essentiels.
Complications possibles
Les tumeurs peuvent envahir les tissus voisins, empêcher l'animal de s'alimenter normalement, entraîner une dénutrition sévère et se propager vers d'autres organes internes.
Les difficultés respiratoires et la perte de la vue sont des complications possibles selon la localisation des masses.
Quand consulter un vétérinaire
Apparition de toute bosse, plaie ou gonflement autour de la bouche, du museau ou du cou chez un diable de Tasmanie
Difficulté à manger, à mastiquer ou perte de poids inexpliquée
Écoulement, saignement ou odeur inhabituelle au niveau du visage
Tout animal suspect en captivité doit être isolé immédiatement et examiné par un vétérinaire spécialisé en faune sauvage
Pronostic
Le pronostic est très sombre une fois les tumeurs installées : l'évolution se fait presque toujours vers la mort en quelques mois.
Chez l'animal sauvage, aucune guérison spontanée n'a été démontrée. Seule une prise en charge précoce en environnement contrôlé (captivité, recherche) peut parfois ralentir l'évolution localement, sans garantir la guérison.
Questions fréquentes
Cette maladie peut-elle toucher d'autres animaux ou l'humain ?
Non. Cette maladie est spécifique au diable de Tasmanie. Elle n'a jamais été observée chez d'autres espèces animales ni chez l'humain.
Pourquoi dit-on que ce cancer est "contagieux" ?
Parce que ce sont directement les cellules cancéreuses qui passent d'un animal à un autre lors des morsures, ce qui est extrêmement rare dans la nature. La plupart des cancers ne se transmettent pas ainsi.
Existe-t-il un espoir pour la survie de l'espèce ?
Oui. Des programmes de conservation maintiennent des populations saines isolées (îles, captivité) et des recherches sur un vaccin ou une immunothérapie sont en cours, donnant des perspectives encourageantes.
Un diable de Tasmanie en captivité isolé risque-t-il d'être contaminé ?
Le risque est très faible si l'animal n'a aucun contact avec des individus infectés ou avec des populations sauvages atteintes, la transmission nécessitant un contact direct par morsure.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet · Mis à jour 18 août 2026
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