Pasteurellose de la gazelle dorcas
La pasteurellose est une maladie bactérienne grave qui touche la gazelle dorcas, une antilope fine et rapide vivant dans les zones désertiques et semi-désertiques d'Afrique du Nord, dont la Tunisie. Elle est causée par des bactéries du genr...
De quoi s'agit-il ?
La pasteurellose est une maladie bactérienne grave qui touche la gazelle dorcas, une antilope fine et rapide vivant dans les zones désertiques et semi-désertiques d'Afrique du Nord, dont la Tunisie.
Elle est causée par des bactéries du genre Pasteurella ou Mannheimia, souvent présentes naturellement dans les voies respiratoires de nombreux animaux sans provoquer de maladie.
Chez la gazelle dorcas, espèce particulièrement sensible au stress, cette maladie peut évoluer très vite vers une forme mortelle, notamment en captivité ou lors de transport.
À retenir
Maladie pouvant entraîner la mort en quelques heures, particulièrement redoutée dans les programmes de conservation de cette espèce menacée.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Les signes peuvent apparaître brutalement, parfois en quelques heures seulement.
On observe de la fièvre, un abattement marqué, une perte d'appétit et une respiration difficile ou accélérée.
Certains animaux présentent une toux, un écoulement nasal, une salivation excessive ou des gonflements au niveau du cou et de la gorge.
Dans les formes les plus graves, la gazelle peut rester couchée, incapable de se relever, avec des muqueuses pâles, signe d'une septicémie (infection généralisée dans le sang).
La mort peut survenir très rapidement, parfois avant même que des signes évidents n'aient pu être repérés par les soigneurs.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La maladie est due à des bactéries du genre Pasteurella (notamment Pasteurella multocida) ou parfois Mannheimia haemolytica.
Ces bactéries peuvent vivre normalement dans les voies respiratoires supérieures de l'animal sans causer de symptômes, jusqu'à ce qu'un facteur déclenchant permette leur multiplication et leur passage dans l'organisme.
Le stress est le principal facteur de risque : capture, transport, changement d'enclos, forte chaleur, surpopulation ou présence de prédateurs à proximité.
Les conditions climatiques extrêmes, un affaiblissement du système immunitaire, une alimentation inadaptée ou une autre maladie concomitante augmentent aussi la vulnérabilité.
Les jeunes animaux et ceux récemment introduits dans un groupe sont particulièrement exposés.
Transmission
La transmission se fait par contact direct entre animaux, par les sécrétions respiratoires, ou par contamination de l'environnement (eau, nourriture, enclos).
Le stress est un facteur clé qui favorise le passage d'un portage sans symptôme à une maladie active et contagieuse.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire s'appuie sur les signes cliniques, l'historique récent de l'animal (transport, stress) et des analyses de laboratoire.
Un prélèvement bactériologique (sang, sécrétions respiratoires) permet d'identifier la bactérie responsable.
Une autopsie est parfois nécessaire en cas de mort brutale pour confirmer le diagnostic et adapter la prise en charge des autres animaux du groupe.
Traitement
Le traitement repose sur une antibiothérapie adaptée, prescrite par un vétérinaire, associée à des soins de soutien comme la réhydratation et des anti-inflammatoires.
En raison de la rapidité d'évolution de la maladie, une prise en charge précoce est essentielle.
Le repos et la réduction du stress font partie intégrante des soins.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La prévention repose avant tout sur la réduction du stress : manipulations douces et limitées, transport dans de bonnes conditions, enclos suffisamment spacieux et enrichis.
Une bonne hygiène de l'environnement, une alimentation adaptée et une surveillance sanitaire régulière du troupeau permettent de limiter les risques.
La vaccination peut être proposée dans certains élevages et parcs zoologiques, en concertation avec un vétérinaire spécialisé en faune sauvage.
La quarantaine des nouveaux arrivants avant leur introduction dans un groupe est également recommandée.
Vaccination
Des vaccins contre certaines souches de Pasteurella existent et peuvent être utilisés dans les élevages et parcs zoologiques à risque, sur avis vétérinaire, notamment avant des périodes de transport ou de stress prévisible.
Complications possibles
La complication la plus redoutée est la septicémie généralisée pouvant entraîner la mort en quelques heures à quelques jours.
Des pneumonies sévères, des troubles de la coagulation et une défaillance multi-organique peuvent également survenir.
Quand consulter un vétérinaire
Tout animal abattu, fiévreux ou refusant de s'alimenter doit être signalé sans délai au vétérinaire.
Une difficulté respiratoire ou une toux persistante chez une gazelle nécessite un avis urgent.
Un animal couché qui ne se relève pas est une urgence absolue.
Toute mort brutale et inexpliquée dans un groupe doit faire l'objet d'une investigation vétérinaire immédiate pour protéger les autres animaux.
Pronostic
Le pronostic est réservé à sombre en l'absence de traitement rapide, en raison de la vitesse d'évolution vers la forme septicémique.
Avec une prise en charge précoce et adaptée, certains animaux peuvent survivre, mais la mortalité reste élevée, en particulier lors d'épisodes de stress important comme le transport ou la capture.
Questions fréquentes
La pasteurellose de la gazelle dorcas peut-elle se transmettre à l'homme ?
Non, cette forme de pasteurellose touchant la gazelle dorcas n'est pas considérée comme transmissible à l'homme dans les conditions habituelles.
Pourquoi le transport est-il si dangereux pour ces animaux ?
Le transport génère un stress intense qui peut réveiller des bactéries déjà présentes dans les voies respiratoires de l'animal, favorisant leur multiplication et le passage à une infection généralisée.
Peut-on prévenir cette maladie par la vaccination ?
Oui, dans certains parcs et élevages, une vaccination ciblée peut être proposée par le vétérinaire, notamment avant des événements stressants prévisibles comme un transport.
Pourquoi cette maladie est-elle si préoccupante pour la conservation de l'espèce ?
La gazelle dorcas est une espèce menacée, et la rapidité d'évolution de la pasteurellose peut causer des pertes importantes dans les petits effectifs des programmes de reproduction en captivité.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet · Mis à jour 02 septembre 2026
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