Traumatismes et blessures liées aux filets de pêche (captures accidentelles) de l'arapaïma
Les traumatismes liés aux filets de pêche regroupent les blessures physiques subies par l'arapaïma lorsqu'il est capturé accidentellement ou intentionnellement dans un filet, une nasse ou un autre engin de pêche. Ce grand poisson d'eau douc...
De quoi s'agit-il ?
Les traumatismes liés aux filets de pêche regroupent les blessures physiques subies par l'arapaïma lorsqu'il est capturé accidentellement ou intentionnellement dans un filet, une nasse ou un autre engin de pêche. Ce grand poisson d'eau douce d'Amazonie, capable de dépasser deux mètres de long, respire en partie l'air atmosphérique et doit remonter régulièrement à la surface. Coincé dans un filet, il se débat violemment, ce qui aggrave les lésions cutanées, les déchirures de nageoires et parfois des fractures ou une asphyxie. C'est une problématique fréquente en pisciculture, en pêche commerciale et lors d'opérations de capture pour transfert en bassin ou en aquarium public.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Les signes les plus visibles sont des plaies, éraflures ou lacérations sur la peau, souvent localisées sur les flancs, la tête ou près des nageoires.\n\nLes nageoires peuvent être déchirées, effilochées ou partiellement arrachées par les mailles du filet.\n\nUn gonflement local, une rougeur ou une zone décolorée signalent une inflammation ou un début d'infection.\n\nL'animal blessé nage souvent de façon anormale, en perdant l'équilibre ou en restant proche de la surface, en partie à cause du stress et du besoin accru de respirer l'air.\n\nUn abattement général, un refus de s'alimenter et une respiration bucco-pharyngée plus fréquente à la surface traduisent un stress important, parfois associé à un début de septicémie si les plaies s'infectent.\n\nDans les cas graves, on peut observer une perte d'écailles étendue, une exposition des tissus profonds, voire une fracture ou une déformation squelettique après un effort de fuite violent.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La cause directe est le contact prolongé et la friction contre les mailles du filet, la nasse ou tout autre engin de capture. La lutte de l'animal pour se libérer amplifie les lésions cutanées et musculaires.\n\nL'asphyxie partielle joue aussi un rôle : l'arapaïma étant un respirateur aérien obligatoire, s'il reste bloqué sous l'eau sans pouvoir remonter respirer l'air, le stress et l'agitation augmentent, ce qui aggrave les blessures.\n\nUne fois la peau lésée, des bactéries opportunistes présentes naturellement dans l'eau peuvent coloniser la plaie et provoquer une infection secondaire.
Les captures dans des filets à mailles fines ou en mauvais état, ainsi que les manipulations trop longues hors de l'eau, augmentent le risque de blessure grave.\n\nUne forte densité de poissons dans le filet favorise les frottements entre individus et contre l'engin de pêche.\n\nLes arapaïmas de grande taille, plus lourds et plus puissants, subissent souvent des lésions plus sévères car leur force de résistance est importante.\n\nUne eau de mauvaise qualité, chaude ou pauvre en oxygène, augmente le stress et ralentit la cicatrisation après la blessure.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Le vétérinaire ou le technicien aquacole examine visuellement l'étendue des plaies, des déchirures de nageoires et l'état général de l'animal (nage, respiration, appétit).\n\nUn prélèvement de la peau ou du mucus peut être réalisé en cas de suspicion d'infection bactérienne ou fongique secondaire, afin d'orienter le traitement.\n\nL'observation du comportement en bassin de récupération (fréquence de passage à la surface, posture, activité) aide à évaluer la gravité du stress et du traumatisme.
Traitement
La prise en charge repose sur le maintien de l'animal dans une eau propre et bien oxygénée, afin de limiter le stress et de favoriser la cicatrisation naturelle.\n\nDes antiseptiques adaptés au milieu aquatique peuvent être appliqués localement sur les plaies pour limiter la colonisation bactérienne.\n\nEn cas d'infection avérée, un traitement antibiotique par voie générale ou en bain peut être prescrit par le vétérinaire.\n\nDes soins de soutien, comme l'ajout de sel ou de produits réduisant le stress dans l'eau, peuvent être recommandés selon la situation.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
L'usage d'engins de capture adaptés, à mailles suffisamment larges et en bon état, réduit le risque de blessure.\n\nLimiter le temps de contention dans le filet et transférer rapidement l'animal dans un bassin de récupération avec une eau bien oxygénée est essentiel.\n\nDes techniques de manipulation douce, avec soutien du corps et évitement des frottements excessifs, diminuent les lésions cutanées.\n\nUn contrôle régulier de la qualité de l'eau (oxygène, température, propreté) dans les bassins de récupération favorise une meilleure cicatrisation et limite les infections secondaires.
Complications possibles
Les plaies non traitées peuvent évoluer vers une infection bactérienne généralisée (septicémie), potentiellement mortelle.\n\nDes mycoses secondaires peuvent se développer sur les zones de peau lésée, surtout en eau froide ou de mauvaise qualité.\n\nUne déchirure importante des nageoires peut altérer durablement la nage et l'équilibre de l'animal.\n\nLe stress prolongé lié au traumatisme peut affaiblir le système immunitaire et rendre l'animal plus vulnérable à d'autres maladies.
Quand consulter un vétérinaire
L'animal présente des plaies étendues, profondes ou qui ne montrent aucun signe d'amélioration après quelques jours.\nDes nageoires sont massivement déchirées ou l'animal a perdu l'équilibre de façon persistante.\nL'animal refuse de s'alimenter, reste prostré ou passe un temps anormal à la surface.\nDes signes de gonflement, rougeur marquée ou dépôt blanchâtre apparaissent sur une plaie.\nPlusieurs individus d'un même bassin ou d'une même capture montrent des signes similaires, faisant craindre une infection collective.
Pronostic
Le pronostic est généralement favorable pour les blessures superficielles si l'animal est rapidement placé dans une eau de bonne qualité et surveillé.\n\nLes lésions plus profondes, les déchirures importantes de nageoires ou les fractures assombrissent le pronostic et peuvent laisser des séquelles fonctionnelles.\n\nUne infection secondaire non traitée peut être fatale, en particulier chez les sujets déjà affaiblis par le stress de capture.
Questions fréquentes
Un arapaïma capturé dans un filet peut-il guérir seul sans traitement ?
Les petites éraflures superficielles peuvent cicatriser seules dans une eau propre et bien oxygénée. Mais toute plaie profonde, étendue ou qui s'aggrave nécessite un avis vétérinaire pour éviter une infection secondaire.
Pourquoi l'arapaïma est-il particulièrement sensible aux blessures de filet ?
C'est un poisson qui doit respirer l'air en surface régulièrement. S'il reste piégé et ne peut pas remonter, il se débat violemment, ce qui aggrave les lésions cutanées et le stress, en plus du risque d'asphyxie.
Combien de temps faut-il pour qu'une plaie de filet cicatrise chez l'arapaïma ?
Cela dépend de la gravité de la blessure et de la qualité de l'eau. Une éraflure légère peut cicatriser en quelques jours à quelques semaines, tandis qu'une plaie profonde peut demander un suivi plus long avec des soins réguliers.
Peut-on relâcher un arapaïma blessé directement en milieu naturel ?
Il est préférable de le maintenir en bassin de récupération jusqu'à cicatrisation avancée, car un animal affaibli ou blessé est plus vulnérable aux prédateurs et aux infections en milieu naturel.
Références
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet · Mis à jour 21 août 2026
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