Un chat tigré se repose près d'une gamelle d'eau dans une cour ensoleillée aux arcades et aux carreaux géométriques, avec un chameau au loin.
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Abandonner son animal : une responsabilité morale

Un animal recueilli dépend entièrement de la main qui le nourrit. Deux hadiths rapportés par les recueils reconnus, celui de la chatte enfermée et celui du chameau qui gémit, rappellent que prendre un animal en charge est une responsabilité devant Dieu.

4 min de lecture · Publié il y a 5 jours · 29 vues

Un animal qui vit auprès des siens ne choisit ni son foyer, ni son repas, ni la porte qui s'ouvre ou se ferme sur lui. Tout ce qu'il reçoit, il le reçoit de la main qui le garde. C'est précisément cette dépendance que la tradition prophétique met en lumière, dans des récits très simples, mais d'une grande portée.

La chatte enfermée

Le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim rapportent, d'après le Prophète ﷺ, qu'une femme a été châtiée à cause d'une chatte qu'elle avait attachée ou enfermée jusqu'à sa mort. Elle ne lui donnait ni à manger ni à boire, et elle ne l'avait pas non plus laissée libre de se nourrir des petites bêtes de la terre.

Le hadith ne s'attarde pas sur les détails de la vie de cette femme, et nous n'avons pas à en ajouter. Ce qu'il retient est l'essentiel : un être vivant était à sa merci, et ses besoins élémentaires ont été négligés. Le texte relie la gravité de l'acte à cette absence de soin. Une bête privée de nourriture, d'eau et de liberté ne peut compter que sur celui qui la détient.

Le chameau qui se plaint

Dans le Sunan Abi Dawud, il est rapporté que le Prophète ﷺ entra un jour dans le jardin d'un homme des Ansar. Un chameau s'y trouvait. À la vue du Prophète ﷺ, l'animal gémit et ses yeux se mirent à couler. Le Prophète ﷺ s'approcha, passa la main derrière ses oreilles, et l'animal s'apaisa.

Il demanda alors à qui appartenait ce chameau. Un jeune homme des Ansar se présenta : c'était le sien. Le Prophète ﷺ lui dit en substance : ne crains-tu pas Dieu au sujet de cette bête dont Dieu t'a rendu maître ? Elle s'est plainte à moi de ce que tu la laisses affamée et la fatigues.

Le mot décisif est « rendu maître ». Posséder un animal n'est pas un droit sans contrepartie : c'est une confiance placée entre nos mains. Le même recueil rapporte aussi cette recommandation du Prophète ﷺ : craignez Dieu au sujet de ces bêtes qui ne parlent pas, montez-les en bon état et mangez-les en bon état.

Ce que ces récits nous disent aujourd'hui

Ces hadiths ne parlent pas expressément de l'abandon tel que nous le connaissons : l'animal laissé au bord d'une route ou devant une porte. Mais on y lit un principe clair. Celui qui prend un animal en charge répond de sa nourriture, de son eau et de son bien-être, et ne peut le laisser souffrir en détournant le regard. Un chat ou un chien lâché loin de chez lui perd d'un coup son repas, son abri et ses repères, et ne les retrouve pas seul. Voilà pourquoi la décision d'accueillir un animal mérite d'être réfléchie avant d'être prise.

Les recueils rapportent aussi qu'un homme, tourmenté par la soif, descendit dans un puits pour boire, puis en remonta et trouva un chien haletant qui mangeait la terre humide tant il avait soif. Il remplit son khuff d'eau et le fit boire, et Dieu l'en remercia et lui pardonna (Sahih al-Bukhari, Sahih Muslim). On y apprend que chaque être vivant mérite qu'on se soucie de lui.

Que cette histoire nous aide donc à regarder nos compagnons à poils, à plumes ou à sabots comme une confiance reçue. Les nourrir, les abreuver, les soigner et ne pas les délaisser sont des gestes modestes, mais ils traduisent la miséricorde que le Prophète ﷺ enseignait envers toute créature.

Sources

Récit relu par l'équipe éditoriale Animalia.

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