Un chien assoiffé près d'un puits de pierre dans le désert, devant un soulier de cuir rempli d'eau.
Récit Ferme & prairies Milieu urbain Histoires des hadiths

Le droit de l’animal à être abreuvé

Un voyageur assoiffé trouve un puits, boit, puis aperçoit un chien haletant qui lèche la terre humide. Ce hadith rapporté par Al-Bukhari et Muslim rappelle qu'un simple geste de compassion envers un animal peut compter auprès de Dieu.

3 min de lecture · Publié il y a 1 semaine · 39 vues

Un homme marchait sur un chemin, sous un soleil ardent, lorsque la soif le saisit. Il aperçut un puits, y descendit, but à sa suffisance, puis remonta. C'est ainsi que commence un récit que le Prophète ﷺ a rapporté à ses compagnons, et que l'on trouve dans le Sahih al-Bukhari et le Sahih Muslim.

Un chien au bord du puits

Une fois sorti du puits, l'homme vit un chien qui haletait. Selon le hadith, l'animal mordillait la terre humide tant la soif le tourmentait. L'homme ne passa pas son chemin. Il se dit que ce chien souffrait de la même soif que celle qui l'avait atteint lui-même.

Il redescendit alors dans le puits. Il remplit d'eau son khuff, ce soulier de cuir qui couvrait le pied, le tint avec sa bouche pour pouvoir remonter, puis donna à boire au chien. Le Prophète ﷺ a ajouté que Dieu lui en fut reconnaissant et lui pardonna.

« En tout foie humide, il y a une récompense »

Les compagnons, touchés par ce récit, posèrent une question : « Ô Messager de Dieu, avons-nous donc une récompense pour ce que nous faisons envers les animaux ? » Il leur répondit, selon le Sahih al-Bukhari : « Oui, pour toute créature au foie humide, il y a une récompense. » Par cette expression, il désignait tout être vivant.

Ce récit est simple et il ne cherche pas à impressionner. Il ne parle ni d'un grand savant ni d'un exploit célèbre. Il parle d'un voyageur anonyme, d'un puits et d'un chien. Le geste est modeste : un peu d'eau offerte dans un soulier. Pourtant, il a été retenu et transmis, et le Prophète ﷺ l'a raconté comme un exemple de pardon obtenu par la compassion.

Les recueils de Bukhari et de Muslim rapportent aussi, dans un autre hadith, qu'une femme avait enfermé une chatte sans lui donner à manger ni la laisser chercher sa nourriture. Ce récit rappelle la même idée de l'autre côté : un animal placé sous notre garde a un droit sur nous, et ce droit commence par l'eau et la nourriture.

Une leçon pour aujourd'hui

Dans un pays comme la Tunisie, où l'été est chaud et sec, ce hadith parle à chacun. Un chien errant, un chat de quartier, un oiseau sur un balcon ou une bête de ferme ont tous soif lorsque la chaleur monte. Une écuelle d'eau fraîche, un abreuvoir rempli, un seau placé à l'ombre sont des gestes à la portée de tous.

Le récit du puits nous apprend à regarder la soif de l'autre comme la nôtre. L'homme n'a pas demandé à qui appartenait le chien, ni ce qu'il pourrait en tirer. Il a seulement reconnu une souffrance qu'il venait lui-même d'éprouver. Que cette bienveillance guide notre regard sur les animaux : les abreuver, les nourrir et ne jamais les laisser souffrir en silence. Un peu d'eau offerte avec bonté peut être, comme dans ce hadith, un geste dont Dieu se souvient.

Sources

Récit relu par l'équipe éditoriale Animalia.

Commentaires (0)

Pas encore de commentaire.

Haut
Suivez FranceVet sur Facebook
Conseils, adoptions et actus vétérinaires
S'abonner