Poulpe commun — Comment le poulpe change-t-il de couleur en une seconde
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Comment le poulpe change-t-il de couleur en une seconde ?

25 vues · il y a 1 semaine

Le poulpe commun change de couleur en moins d'une seconde car ses chromatophores sont actionnés directement par des muscles reliés au système nerveux central, sans passer par la voie hormonale, plus lente. Ce contrôle neuromusculaire direct permet une réaction quasi instantanée face à une menace ou pour se fondre dans le décor.

Un système musculaire, pas glandulaire

Chaque chromatophore est un sac de pigment (jaune, orange, rouge ou brun) entouré d'une quinzaine de minuscules muscles radiaires. Quand le cerveau envoie un influx nerveux, ces muscles se contractent et étirent le sac, exposant le pigment sur une surface jusqu'à 500 fois plus grande ; au repos, les muscles se relâchent et le sac se referme. Comme chaque cellule est câblée individuellement au cerveau, Octopus vulgaris peut moduler des dizaines de milliers de chromatophores presque simultanément, ce que ne permettrait jamais un mécanisme hormonal, trop lent et diffus.

Sous cette couche de pigments se trouvent deux autres types de cellules qui complètent la palette : les iridophores, des empilements de plaques réfléchissantes qui produisent des reflets métalliques, bleutés ou verdâtres par diffraction de la lumière, et les leucophores, des cellules diffusant la lumière blanche pour imiter le fond clair ou renforcer le contraste des motifs. L'association des trois couches permet au poulpe de reproduire textures, motifs zébrés ou taches en quelques dixièmes de seconde.

Un daltonien qui « voit » avec la peau ?

Le paradoxe est documenté par plusieurs études : les yeux d'Octopus vulgaris ne possèdent qu'un seul type de photorécepteur, ce qui devrait le rendre daltonien et incapable de distinguer les couleurs de son environnement. Pourtant, il ajuste sa teinte avec une précision qui suggère une perception chromatique. L'hypothèse la plus étudiée est que des opsines, protéines photosensibles habituellement cantonnées à la rétine, seraient également présentes dans la peau elle-même, permettant une forme de détection lumineuse cutanée qui aiderait à calibrer le camouflage indépendamment de la vision oculaire. Ce mécanisme reste activement étudié et n'est pas totalement élucidé.

Publié le · Mis à jour le

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Références

Smithsonian Ocean

Animal Diversity Web — University of Michigan

Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet

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