Grand requin blanc — Un requin peut-il vraiment sentir une goutte de sang à des kilomètres
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Un requin peut-il vraiment sentir une goutte de sang à des kilomètres ?

42 vues · il y a 1 semaine

Non, l'image d'une goutte de sang détectée « à des kilomètres dans une piscine olympique » est une exagération. Le grand requin blanc peut effectivement percevoir certaines molécules à des concentrations de l'ordre de quelques parties par milliard, mais la distance réelle de détection dépend surtout de la dilution et des courants marins, pas d'une portée fixe.

Un odorat puissant, mais soumis à la physique de l'eau

Les narines du grand requin blanc s'ouvrent sur des sacs olfactifs richement innervés, capables de repérer des traces chimiques infimes issues de tissus animés ou de sang. En laboratoire, des concentrations de l'ordre du milliardième ont pu déclencher une réaction. Mais en mer ouverte, une molécule odorante ne se propage pas en ligne droite ni de façon homogène : elle se dilue rapidement et suit le panache créé par les courants, formant un couloir sinueux plutôt qu'un cercle régulier. Un requin peut donc croiser ce panache très loin de la source... ou passer à quelques mètres sans rien détecter si le courant l'a déporté ailleurs.

C'est pourquoi l'odorat n'est qu'une pièce du puzzle sensoriel. Une fois entré dans le panache odorant, l'animal remonte le gradient de concentration en zigzaguant, un comportement bien documenté chez les squales.

Les autres sens prennent le relais à courte distance

À quelques mètres de la cible, l'odorat cède la place à des systèmes plus précis. La ligne latérale, une bande de récepteurs sensibles aux vibrations le long du corps, détecte les mouvements d'un poisson blessé ou d'un phoque en difficulté. Puis, à très courte portée, les ampoules de Lorenzini — des pores remplis de gel situés sur le museau — perçoivent les infimes champs électriques générés par l'activité musculaire et cardiaque de toute proie, même immobile ou cachée dans le sable. Cette électroréception permet une localisation quasi millimétrique juste avant la morsure, un relais indispensable là où l'odorat, dilué par les courants, devient inefficace.

Publié le · Mis à jour le

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Références

Smithsonian Ocean

Animal Diversity Web — University of Michigan

Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet

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