Peste de l'écrevisse (aphanomycose)
La peste de l'écrevisse, aussi appelée aphanomycose, est une maladie causée par un micro-organisme filamenteux ressemblant à un champignon, appelé Aphanomyces astaci. Cet agent appartient à un groupe appelé oomycètes, parfois surnommés "moi...
De quoi s'agit-il ?
La peste de l'écrevisse, aussi appelée aphanomycose, est une maladie causée par un micro-organisme filamenteux ressemblant à un champignon, appelé Aphanomyces astaci. Cet agent appartient à un groupe appelé oomycètes, parfois surnommés "moisissures d'eau".\n\nCette maladie est redoutée car elle touche presque exclusivement les écrevisses et peut décimer des populations entières en quelques semaines. Elle figure parmi les maladies à déclaration obligatoire auprès des autorités sanitaires animales dans de nombreux pays.\n\nLes écrevisses originaires d'Amérique du Nord, comme l'écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii), sont porteuses saines : elles hébergent le champignon sans en mourir. En revanche, les écrevisses européennes comme l'écrevisse à pattes rouges (Astacus astacus) sont très sensibles et meurent presque systématiquement une fois infectées.
À retenir
Maladie à mortalité très élevée chez les écrevisses européennes sensibles, pouvant décimer une population entière en quelques semaines ; à déclaration obligatoire dans plusieurs pays.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Les signes ne sont pas toujours visibles avant la mort de l'animal, surtout chez les espèces très sensibles.\n\nQuand des signes apparaissent, on peut observer une perte de coordination dans les mouvements, l'animal marche de façon désordonnée ou titube. Il peut rester couché sur le dos ou sur le côté sans parvenir à se retourner.\n\nDes tremblements des pattes peuvent survenir, ainsi qu'une perte progressive d'activité : l'écrevisse devient anormalement calme puis immobile.\n\nDes taches brunâtres ou noirâtres peuvent apparaître sur la carapace, correspondant à des zones où le champignon a pénétré les tissus. Ces taches ne sont pas toujours visibles à l'œil nu.\n\nDans les populations sauvages ou d'élevage, le signe le plus frappant reste souvent une mortalité massive et rapide, parfois en l'espace de quelques jours à quelques semaines, touchant la majorité des individus présents.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La maladie est due à Aphanomyces astaci, un oomycète aquatique. Ce micro-organisme produit des spores nageuses capables de se déplacer dans l'eau pour trouver un nouvel hôte.\n\nUne fois qu'une spore rencontre une écrevisse, elle se fixe sur la carapace, notamment au niveau des zones fines comme les articulations, et germe pour former des filaments qui pénètrent dans les tissus sous-jacents. Le champignon envahit ensuite les muscles et le système nerveux, ce qui explique les troubles de la coordination observés.
Le principal facteur de risque est la présence, dans le même cours d'eau ou bassin, d'écrevisses originaires d'Amérique du Nord porteuses saines.\n\nLe transport de matériel ou d'eau entre différents plans d'eau sans désinfection favorise la propagation. Une forte densité d'élevage augmente également la vitesse de diffusion de la maladie au sein d'une population.\n\nLe stress, une eau de mauvaise qualité ou des variations importantes de température peuvent fragiliser les écrevisses et faciliter l'infection.
Transmission
La transmission se fait principalement par l'eau, via des spores nageuses libérées par des écrevisses infectées, vivantes ou mortes.\n\nLe contact direct entre écrevisses joue aussi un rôle, de même que le déplacement de matériel contaminé (filets, bottes, bassins, eau de transport) d'un site à un autre.\n\nLes écrevisses nord-américaines introduites en Europe et ailleurs sont le principal réservoir du champignon : elles le transportent sans développer la maladie et contaminent les milieux aquatiques qu'elles colonisent.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
Il n'existe pas de test simple réalisable à domicile. Le diagnostic repose sur des analyses de laboratoire spécialisées, notamment la recherche du matériel génétique du champignon par des techniques de biologie moléculaire, ou l'observation directe de l'agent sur des prélèvements de carapace.\n\nCes analyses sont généralement effectuées par des laboratoires vétérinaires ou aquacoles spécialisés, car la maladie est à surveillance réglementaire dans plusieurs pays.
Traitement
Il n'existe pas de traitement curatif reconnu et efficace pour les écrevisses déjà infectées en milieu naturel ou en élevage extensif.\n\nEn milieu expérimental ou en aquariophilie contrôlée, certains produits antifongiques ont été étudiés, mais leur usage reste limité, peu standardisé, et ne garantit pas la guérison une fois les tissus profonds envahis.\n\nLa gestion de la maladie repose donc essentiellement sur la prévention et sur des mesures sanitaires visant à éviter la propagation plutôt que sur un traitement des animaux atteints.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La prévention repose avant tout sur des mesures de biosécurité strictes : ne jamais transférer d'écrevisses, d'eau ou de matériel d'un bassin ou cours d'eau à un autre sans précaution.\n\nIl est recommandé de désinfecter tout équipement (filets, épuisettes, bottes) ayant été en contact avec un milieu aquatique avant de le réutiliser ailleurs.\n\nÉviter l'introduction d'écrevisses d'origine inconnue ou d'espèces exotiques dans un élevage ou un point d'eau est essentiel. Toute nouvelle écrevisse devrait idéalement passer par une période d'observation avant d'être mise en contact avec d'autres animaux.\n\nSignaler rapidement toute mortalité anormale aux autorités compétentes permet de limiter la propagation à d'autres sites.
Complications possibles
Chez les espèces sensibles, la maladie évolue le plus souvent vers la mort de l'animal en quelques jours à quelques semaines après l'infection.\n\nÀ l'échelle d'une population ou d'un élevage, la complication majeure est l'effondrement complet des effectifs, avec des conséquences écologiques importantes lorsque des espèces locales protégées sont touchées.
Quand consulter un vétérinaire
Observation de plusieurs écrevisses mortes ou mourantes en même temps dans un même bassin ou cours d'eau\nÉcrevisses présentant une perte de coordination, des tremblements ou une incapacité à se retourner\nApparition de taches brunâtres ou noirâtres inhabituelles sur la carapace\nMortalité soudaine et rapide dans un élevage ou un point d'eau auparavant sain\nIntroduction récente d'écrevisses d'origine inconnue suivie de signes de maladie chez les animaux présents
Pronostic
Le pronostic est très sombre pour les espèces européennes comme l'écrevisse à pattes rouges : l'infection est presque toujours mortelle une fois les signes apparents.\n\nPour les espèces nord-américaines porteuses saines comme l'écrevisse de Louisiane, le pronostic individuel est bien meilleur puisqu'elles tolèrent généralement le champignon sans développer la maladie, ce qui en fait justement un risque pour les populations sensibles avoisinantes.
Questions fréquentes
La peste de l'écrevisse peut-elle toucher l'homme ou d'autres animaux ?
Non, cette maladie est spécifique aux écrevisses. Elle ne présente aucun danger connu pour l'homme, les poissons ou les autres animaux aquatiques.
Pourquoi certaines écrevisses ne meurent-elles pas alors qu'elles sont infectées ?
Les écrevisses originaires d'Amérique du Nord ont développé une tolérance naturelle au champignon responsable, probablement après une longue coexistence. Elles portent l'agent infectieux sans en souffrir, contrairement aux écrevisses européennes.
Peut-on sauver une écrevisse qui montre déjà des signes de maladie ?
Les chances de guérison sont très faibles une fois que des signes visibles apparaissent, car les tissus profonds sont déjà envahis. La meilleure stratégie reste d'empêcher la contamination en amont.
Comment éviter d'introduire cette maladie dans mon bassin ou aquarium ?
Ne jamais transférer d'eau, de matériel ou d'écrevisses entre différents points d'eau sans désinfection préalable, et éviter d'introduire des écrevisses d'origine inconnue ou d'espèces exotiques.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet · Mis à jour 29 août 2026
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