Maladie bactérienne Écrevisse

Stomatite infectieuse de l'écrevisse (bouche pourrie)

La stomatite infectieuse, parfois appelée « bouche pourrie », est une infection bactérienne qui touche la bouche et les pièces buccales de l'écrevisse. Elle provoque une inflammation puis une nécrose (mort des tissus) autour des mandibules...

De quoi s'agit-il ?

La stomatite infectieuse, parfois appelée « bouche pourrie », est une infection bactérienne qui touche la bouche et les pièces buccales de l'écrevisse. Elle provoque une inflammation puis une nécrose (mort des tissus) autour des mandibules et des palpes. Cette maladie est surtout observée chez les écrevisses maintenues en aquarium ou en bassin, quand l'eau est de mauvaise qualité. Elle peut concerner aussi bien l'écrevisse européenne (Astacus astacus) que l'écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii).

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Signes généralement observés

Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.

Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :

Les premiers signes sont discrets : l'écrevisse mange moins ou refuse la nourriture, et devient moins active.

En observant de près la bouche, on peut voir une rougeur, un gonflement ou une couleur anormale (brunâtre à noirâtre) autour des mandibules.

Avec le temps, les tissus autour de la bouche se nécrosent : ils prennent un aspect érodé, comme « rongé », parfois accompagné d'un dépôt blanchâtre ou d'une odeur inhabituelle.

L'animal a de plus en plus de mal à saisir et à mâcher sa nourriture, ce qui entraîne un amaigrissement progressif.

Dans les cas avancés, l'écrevisse reste prostrée, cachée, et ne se nourrit plus du tout.

Quand consulter sans attendre

Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.

Causes et facteurs de risque

La maladie est due à des bactéries opportunistes, le plus souvent des espèces du genre Aeromonas, Pseudomonas ou Vibrio selon le milieu (eau douce ou saumâtre). Ces bactéries sont normalement présentes dans l'eau ou sur l'animal sans causer de problème. Elles deviennent pathogènes lorsque l'écrevisse est affaiblie ou blessée, ou lorsque la qualité de l'eau se dégrade fortement.

Une eau de mauvaise qualité (taux élevé d'ammoniac ou de nitrites, manque d'oxygène) est le facteur de risque principal.

Une surpopulation dans le bac ou le bassin favorise le stress et les blessures lors des contacts entre individus.

Une alimentation inadaptée ou de mauvaise qualité peut affaiblir les défenses de l'écrevisse.

Les blessures aux pièces buccales, par exemple lors de bagarres ou de manipulations, ouvrent la porte à l'infection.

Une eau trop froide ou trop chaude par rapport aux besoins de l'espèce, ainsi qu'une mue difficile, sont aussi des facteurs favorisants.

Transmission

La transmission n'est pas strictement directe d'un animal à l'autre ; elle dépend surtout de la présence des bactéries dans l'eau et de l'état d'affaiblissement des écrevisses exposées au même milieu.

Diagnostic et prise en charge

Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.

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Le diagnostic repose sur l'observation directe des lésions de la bouche par un vétérinaire spécialisé en animaux aquatiques ou exotiques, éventuellement complétée par un prélèvement pour analyse bactériologique. Un contrôle des paramètres de l'eau est systématiquement recommandé pour identifier un facteur déclenchant.

Traitement

Le traitement associe généralement une amélioration immédiate de la qualité de l'eau et, selon les cas, l'usage d'antibactériens ou d'antiseptiques adaptés au milieu aquatique, prescrits et dosés uniquement par un vétérinaire. Un soutien nutritionnel avec une nourriture facile à saisir peut aider l'animal affaibli.

Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.

Prévention

La prévention repose avant tout sur une bonne qualité de l'eau : filtration efficace, changements d'eau réguliers, surveillance de l'ammoniac, des nitrites et du pH.

Il faut éviter la surpopulation et prévoir suffisamps de cachettes pour limiter les bagarres entre écrevisses.

Une alimentation variée et adaptée à l'espèce renforce la résistance de l'animal.

La quarantaine de tout nouvel individu avant introduction dans un bac ou bassin commun permet de limiter l'introduction de germes.

Enfin, il est conseillé de retirer rapidement les restes de nourriture non consommés qui polluent l'eau.

Complications possibles

Si la nécrose progresse, l'écrevisse peut devenir incapable de s'alimenter, ce qui conduit à un amaigrissement sévère puis à la mort. L'infection peut aussi se généraliser à d'autres parties du corps chez les animaux très affaiblis.

Quand consulter un vétérinaire

L'écrevisse refuse de manger depuis plusieurs jours.

Des lésions, une couleur anormale ou une odeur inhabituelle sont visibles autour de la bouche.

L'animal reste immobile, caché, ou ne réagit plus normalement.

Plusieurs écrevisses du même bac ou bassin présentent des signes similaires.

Pronostic

Le pronostic est favorable si la maladie est détectée tôt et que la qualité de l'eau est rapidement corrigée. En revanche, si les lésions buccales sont déjà étendues et empêchent l'alimentation, le pronostic devient réservé.

Questions fréquentes

La bouche pourrie de l'écrevisse peut-elle se transmettre à d'autres animaux du bassin ?

Les bactéries responsables sont souvent déjà présentes dans l'eau. Le risque de contagion directe entre écrevisses existe surtout si la qualité de l'eau reste mauvaise pour tout le groupe.

Peut-on soigner soi-même une écrevisse atteinte ?

Il est fortement déconseillé d'utiliser des antibiotiques sans avis vétérinaire. Améliorer la qualité de l'eau est le premier geste utile, mais un avis spécialisé est nécessaire pour la suite.

Cette maladie touche-t-elle uniquement les écrevisses stressées ?

Le stress et les blessures sont des facteurs favorisants importants, mais une eau de mauvaise qualité peut suffire à déclencher la maladie même chez un animal en bonne condition initiale.

Faut-il isoler une écrevisse malade ?

Oui, il est recommandé de la placer dans un bac séparé pour surveiller son évolution et limiter le stress lié aux autres individus, en attendant l'avis d'un vétérinaire.

Références

WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)

Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet · Mis à jour 29 août 2026

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EN BREF

AgentBactérie
EspèceÉcrevisse
VaccinNon
Transmissible à l'humainNon

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Espèces concernées

Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.

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