Traumatismes liés aux filets de pêche et captures accidentelles
Le requin-tigre (Galeocerdo cuvier) est une grande espèce pélagique et côtière qui peut se retrouver accidentellement capturée dans des filets de pêche, des palangres ou des casiers. On parle de « capture accidentelle » ou « prise accessoir...
De quoi s'agit-il ?
Le requin-tigre (Galeocerdo cuvier) est une grande espèce pélagique et côtière qui peut se retrouver accidentellement capturée dans des filets de pêche, des palangres ou des casiers. On parle de « capture accidentelle » ou « prise accessoire » lorsqu'un animal non ciblé par la pêche se retrouve piégé dans un engin de pêche. \n\nCette situation entraîne souvent des blessures physiques importantes : lacérations de la peau, entailles profondes causées par les filins ou les mailles, hameçons plantés dans la bouche ou la gorge, et parfois des lésions internes liées à une immobilisation prolongée sous l'eau. \n\nCe n'est pas une maladie infectieuse mais un traumatisme accidentel, dont la gravité dépend du temps passé pris au piège, du type d'engin de pêche et de la rapidité de la remise à l'eau.
À retenir
Les captures prolongées ou les mutilations des nageoires peuvent être fatales pour l'animal.
Signes généralement observés
Ces signes ne sont ni exhaustifs ni spécifiques. Seul un vétérinaire peut établir un diagnostic.
Signes associés — chaque signe mène à sa fiche :
Les signes observés dépendent de la gravité et de l'ancienneté du traumatisme. \n\nOn peut observer des plaies ouvertes ou des lacérations sur la peau, parfois profondes jusqu'au muscle, souvent localisées autour des nageoires, de la queue ou de la tête. \n\nDes marques circulaires ou linéaires correspondant à l'empreinte des mailles du filet ou du filin peuvent rester visibles pendant plusieurs semaines, voire laisser des cicatrices définitives. \n\nUn hameçon peut rester fiché dans la mâchoire, la gorge ou l'œsophage, provoquant une gêne à l'alimentation. \n\nL'animal capturé longtemps dans un filet peut présenter une nage anormale, un épuisement musculaire, une respiration perturbée (le requin-tigre a besoin de nager pour faire circuler l'eau sur ses branchies) et des muqueuses pâles en cas de choc ou de perte de sang importante. \n\nDans les cas les plus graves, on peut retrouver une nageoire sectionnée ou une mutilation partielle (ablation des ailerons par exemple), qui compromet gravement les capacités de nage de l'animal.
Quand consulter sans attendre
Cette liste ne remplace pas un avis vétérinaire. Elle rassemble des situations qui justifient une consultation rapide.
Causes et facteurs de risque
La cause est purement mécanique et accidentelle : contact prolongé avec un engin de pêche (filet maillant, senne, palangre, chalut, casier) non destiné à cette espèce. \n\nLes blessures proviennent du frottement des mailles ou du filin sur la peau, de la traction exercée par l'animal pour se libérer, de la présence d'un hameçon avalé ou planté, ou encore de manipulations brutales lors de la remise à l'eau par les pêcheurs.
Le risque est plus élevé dans les zones de forte activité de pêche côtière ou hauturière, notamment près des zones de passage migratoire de l'espèce. \n\nLes filets maillants dérivants et les palangres de fond ou de surface sont particulièrement concernés. \n\nLa présence d'appâts ou de déchets de pêche attire aussi le requin-tigre, connu pour son comportement opportuniste et sa curiosité alimentaire, ce qui augmente son exposition aux engins de pêche. \n\nLes juvéniles et les femelles en période de reproduction, qui fréquentent des zones côtières peu profondes, sont également plus exposés.
Diagnostic et prise en charge
Le diagnostic relève du vétérinaire, qui s'appuie sur l'examen clinique et sur des tests de laboratoire. La prise en charge est décidée au cas par cas.
L'évaluation d'un requin-tigre blessé se fait le plus souvent sur le terrain, par un professionnel de la mer, un biologiste marin ou un vétérinaire spécialisé en faune sauvage aquatique, rarement en clinique classique compte tenu de la taille de l'espèce. \n\nL'examen porte sur l'étendue et la profondeur des lésions cutanées, la présence d'un hameçon retenu, l'état de vigilance et de la nage de l'animal, ainsi que sur les signes de choc (couleur des muqueuses, comportement). \n\nDans le cadre d'un programme scientifique ou d'un centre spécialisé (rare pour cette espèce de grande taille), une évaluation plus poussée peut inclure une observation prolongée en bassin.
Traitement
Il n'existe pas de traitement médicamenteux standard pour cette espèce sauvage en milieu naturel. \n\nLa prise en charge consiste avant tout en des gestes physiques : retrait prudent de l'hameçon ou du filin lorsque cela est possible sans stress excessif pour l'animal, remise à l'eau rapide. \n\nDans de rares cas de prise en charge en structure spécialisée (aquarium, centre de soins pour faune marine), des soins de plaies (nettoyage, antiseptiques) et des familles thérapeutiques anti-infectieuses peuvent être envisagés par une équipe vétérinaire spécialisée, mais cela reste exceptionnel pour cette grande espèce pélagique.
Le traitement dépend de la cause et de l'état de l'animal : il doit être déterminé par un vétérinaire. Aucune automédication.
Prévention
La prévention repose essentiellement sur des mesures de gestion des pêcheries : utilisation de dispositifs réduisant les captures accidentelles (dispositifs d'exclusion, modification du type d'hameçon), limitation du temps d'immersion des filets, formation des pêcheurs aux bonnes pratiques de remise à l'eau rapide et douce. \n\nLa sensibilisation des professionnels de la mer à l'identification de l'espèce et aux gestes à adopter en cas de capture accidentelle (couper le filin près de l'hameçon plutôt que de tirer sur l'animal, éviter de le sortir de l'eau) limite fortement la gravité des blessures. \n\nLe respect des réglementations de pêche et des zones protégées contribue également à réduire l'exposition de l'espèce.
Complications possibles
Les complications possibles incluent une infection secondaire des plaies, une hémorragie importante, une perte de mobilité en cas de section de nageoire, un épuisement pouvant conduire à la noyade (le requin-tigre doit nager pour respirer), ou encore la mort par choc si la capture a été longue et brutale. \n\nUne mutilation des ailerons (finning) rend la survie de l'animal quasiment impossible.
Quand consulter un vétérinaire
Un requin-tigre capturé accidentellement doit être signalé rapidement aux autorités maritimes ou à une structure scientifique compétente.
L'animal présente une plaie profonde ou une hémorragie visible.
La nage de l'animal semble anormale, faible ou désorganisée après remise à l'eau.
Un hameçon reste visible ou palpable dans la bouche ou la gorge.
L'animal reste immobile ou semble en état de choc après la capture.
Une nageoire est sectionnée ou manquante.
Pronostic
Le pronostic dépend directement de la durée de capture, du type de blessure et de la rapidité de la remise à l'eau. \n\nUne capture brève suivie d'une remise à l'eau rapide et douce permet souvent une survie sans séquelle majeure, avec cicatrisation progressive des lacérations superficielles en quelques semaines. \n\nUne capture prolongée, une mutilation des nageoires ou un état de choc marqué assombrissent nettement le pronostic, avec un risque de mortalité différée dans les jours suivant la remise à l'eau.
Questions fréquentes
Un requin-tigre pris dans un filet peut-il survivre s'il est relâché rapidement ?
Oui, si la capture a été brève et que l'animal est remis à l'eau rapidement et sans manipulation brutale, les chances de survie sont bonnes, même avec des blessures superficielles.
Que faire si on trouve un hameçon planté dans la bouche d'un requin-tigre ?
Il est préférable de couper le filin le plus près possible de l'hameçon plutôt que de tirer dessus, et de signaler la capture aux autorités maritimes compétentes. Un retrait complet ne doit être tenté que par une personne expérimentée.
Les cicatrices de filet sont-elles définitives ?
Les marques superficielles s'estompent souvent avec le temps, mais des lésions profondes peuvent laisser des cicatrices permanentes ou affecter durablement la mobilité de la nageoire concernée.
La capture accidentelle menace-t-elle la population de requins-tigres ?
Les prises accessoires contribuent à la pression exercée sur les populations de requins, une espèce déjà vulnérable dans plusieurs régions, ce qui justifie les efforts internationaux de réduction des captures accidentelles.
Références
WOAH — Organisation mondiale de la santé animale (ex-OIE)
FAO — Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
Contenu relu par l'équipe éditoriale FranceVet · Mis à jour 18 août 2026
Commentaires (0)
Pas encore de commentaire.
EN BREF
Besoin d'un vétérinaire ?
Retrouvez un praticien près de chez vous sur FranceVet, avec ses spécialités, ses horaires et ses coordonnées.
Trouver un vétérinaireCatégories
Espèces concernées
Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent en aucun cas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre animal, consultez un vétérinaire.
Vous envisagez d'accueillir un animal ? Des chiens et des chats attendent une famille en France, et l'adoption est entièrement gratuite.
Annonces d'adoptionÀ découvrir
Maladies proches et contenus Animalia liés.
Parasitisme gastro-intestinal du requin-tigre (vers ronds)
Parasitaire
Infection bactérienne cutanée du requin-tigre
Bactérienne
Parasitisme par copépodes et crustacés parasites du requin
Parasitaire
Mycose branchiale du requin
Fongique