Thon rouge — Comment les poissons survivent-ils dans une eau glacée
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Comment les poissons survivent-ils dans une eau glacée ?

25 vues · il y a 1 semaine

Le thon rouge ne subit pas la température de l'eau comme la plupart des poissons : grâce à un réseau de vaisseaux sanguins appelé rete mirabile, il produit et conserve sa propre chaleur corporelle. Ses muscles nageurs, ses yeux et son cerveau restent ainsi jusqu'à 10°C plus chauds que l'eau environnante, même dans les eaux froides de l'Atlantique Nord.

Un système d'échange à contre-courant

La chaleur produite par la contraction des muscles rouges profonds serait normalement évacuée par le sang qui repart vers les branchies pour s'oxygéner au contact de l'eau froide. Le rete mirabile empêche cette perte : les veines chaudes qui sortent des muscles et les artères froides qui y entrent sont accolées en un faisceau serré, permettant à la chaleur de passer directement des unes aux autres avant que le sang refroidi n'atteigne les organes centraux. Ce système, qualifié d'endothermie régionale (le thon reste par ailleurs un poisson à sang globalement variable, non un véritable homéotherme comme les mammifères), concerne aussi les yeux et le cerveau grâce à un organe thermogène spécifique proche de ces organes.

Cette chaleur musculaire confère un avantage décisif : des fibres plus chaudes se contractent plus vite, ce qui permet au thon rouge de maintenir des vitesses de nage soutenues et de plonger à plusieurs centaines de mètres de profondeur, où la température peut chuter de plus de 15°C par rapport à la surface, sans perdre en puissance ni en acuité visuelle.

Une autre stratégie : l'antigel biologique

Les poissons des eaux polaires, comme les nototheniidés de l'Antarctique, ont évolué vers une solution radicalement différente puisqu'ils vivent en permanence sous 0°C : ils produisent des glycoprotéines antigel circulant dans leur sang, qui se fixent sur les micro-cristaux de glace naissants et bloquent leur croissance, empêchant ainsi la formation de glace destructrice dans leurs tissus. Contrairement au thon rouge qui lutte contre le froid en générant de la chaleur, ces espèces tolèrent le froid en neutralisant ses effets physiques les plus dangereux, illustrant deux voies évolutives distinctes pour survivre en eau glacée.

Publié le · Mis à jour le

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